TRIMESTRIELS #2017 – LES EDITOS

TRIMESTRIEL 11 Janvier 2017

L’année 2017 est une page blanche. Les vœux sont des rêves que nous échangeons avec amitié.                   Notre association publie Culture et démocratie, une histoire de la Maison de la culture du Havre, un moment d’histoire de la ville à l’occasion de ses 500 ans pour refuser l’amnésie et faire circuler l’espoir entre les générations. Car cette aventure est rude mais riche d’enseignements. Quand nous sommes ancrés dans le passé, nous pouvons créer du neuf…

Près de neuf Français sur dix considèrent que les pouvoirs publics doivent favoriser l’accès à l’art et à la culture, et une majorité d’entre eux se prononcent même pour une politique plus ambitieuse dans ce domaine. Pourquoi ? Au fond, il n’est pas sûr que la démocratie culturelle soit un échec puisque beaucoup de spectateurs ne sont pas simplement des consommateurs, et que les nouvelles générations ont pu bénéficier des occasions offertes par les sorties scolaires et le numérique. Et la culture aujourd’hui, ça se pratique ! Il suffit d’aller au spectacle, au cinéma, de lire des livres. Si la fiction peut nous éclairer sur la cupidité, les égoïsmes et les peurs, les metteurs en scène, les réalisateurs, les écrivains nous communiquent leur lucidité et leur énergie.

Nous parlons de réjouissances ! Celles que nous partageons lors de nos Apéros des spectateurs… Celles que nos Grandes Conversations explorent. Autant d’occasions pour les spectateurs que nous réunissons d’échanger sur ces bonheurs de la création et de s’enrichir de ces débats…

C’est Jarmusch qui filme dans Paterson un poète attentif au monde, à la recherche de ces rimes secrètes qui donnent sens au chaos. Ce sont les clowns de Slava’s snowshow de Slava Polounine ou de Bienvenue en Corée du Nord d’Olivier Lopez, dont l’art permet inattendu et liberté. Ce sera l’opéra participatif  Tistou les pouces verts à l’Opéra de Rouen qui va faire chanter et interagir avec les artistes sur scène des centaines de familles. Comment refuser la liesse de fin de spectacle, adultes et enfants tous transportés de joie et de gaieté ?

Les créateurs sont des magiciens ! Et nous sommes leurs hôtes…Ils nous font partager leur intelligence et leur sens politique. La puissance du récit est bien plus grande que celle des idéologies ! On pense –entre autres– à Thomas Jolly et son Henry VI de Shakespeare, à Joël Pommerat et Ça ira, Robert Lepage et 887, ou à David Bobée et The rake’s progress, opéra de Stravinski, Marie Rémond et Vers Wanda… Ils touchent nos émotions les plus intimes. Ils nous marquent en profondeur, nous construisent et cimentent nos sociétés.

La culture, la nôtre et celle de l’autre, ça s’apprivoise et ça fortifie. Finalement notre vœu le plus impérieux pour 2017 : que chacun participe aux fêtes de la création ! • Isabelle Royer, présidente

TRIMESTRIEL 12 Avril 2017

On ne programme pas assez de Commedia dell’arte, théâtre populaire italien, né au XVIe siècle. Pourtant ces acteurs masqués qui improvisent des comédies savent susciter des fous rires et des jubilations égales aux leurs. Nous l’avons vérifié en ouverture du festival de Théâtre amateur le 24 mars au Petit théâtre. Gislaine Chastanet avait invité les jeunes élèves de 3ème année de l’Académie internationale des Arts du spectacle.   Ils ont joué Scaramuccia de Carlo Boso. Même les spectateurs ronchons ont cédé aux fous rires ! Des allusions inattendues à notre actualité, des effets de surprise  (« Ahhhhhhh, Christine Lagarde ! »), des références au cinéma (ah les ralentis ! ah le Titanic !) créent une connivence jubilatoire… Question de rythme, de jeu des comédiens, de variations dans les scènes, entre duels, poursuites, embuscades, rendez-vous galants (ah Cyrano !)… et j’en passe ! On n’a pas envie d’être ailleurs !

Les histoires d’amour finissent bien, les combats d’escrime sont vifs et les deux jeunes filles déguisées en hommes essaient de suivre quelques règles improbables de virilité !!

Et hop la petite bande de Scaramouche, « petit batailleur » ordonnateur en chef des complots, duels et mariages, nous a mis dans sa poche !

Que nous apprend ce plaisir partagé ? Que des spectateurs adhèrent à toutes les formes de théâtre, professionnel, amateur, de rue, d’improvisation, pourvu qu’elles répondent à des exigences de travail, de respect du public et de bonheur des comédiens. Que les pratiques artistiques séduisent beaucoup de monde, toutes générations confondues. Que les artistes sont des artisans d’émotions, de révélation du monde et de fraternité.

Ainsi, les festivités du Havre pour l’anniversaire de ses 500 ans mettent les œuvres d’art dans la rue : à chacun d’apprécier la ville sur des parcours fléchés par Jean Blaise qui confie à des artistes l’objectif de montrer aux habitants et aux touristes ce que nous ne savons pas voir…

La culture serait-elle le bien commun le mieux partagé ? Certes, les arts ne sont plus ces OVNI réservés à quelques-uns. La culture est éparse dans des lieux non traditionnels ou patrimoniaux, les acteurs  vont vers les publics.

Mais que chacun ait la chance de les découvrir est encore un chantier.

Parlons-en ! L’association MCH vous invite à sa Grande conversation le 21 mai à  partir de 9h30 au conservatoire Honegger : « Ça passe ou ça casse. Quel bien commun est la culture ? ». Isabelle Royer, présidente

TRIMESTRIEL 13 Octobre 2017

Cette saison havraise débute après un été animé par les festivités des 500 ans de la ville auxquelles beaucoup, havrais ou touristes, ont participé. Jamais la ville n’avait drainé autant de spectateurs !

Écoutez notre émission VIVA CULTURE sur Ouest track radio (95.9), un dimanche sur deux à 11h. Quelle intensité de la vie culturelle au Havre ! Quel engagement de ses artistes et quelle curiosité des spectateurs ! Jugez en vous-mêmes en retrouvant en podcast sur notre site (MCH/Temps forts) des entretiens et des chroniques régulières, historique, littéraire, poétique, cinématographique..

.Un collectif d’artistes vient de publier dans le journal Le Monde un appel pour offrir à chaque personne migrante à son arrivée en France un « passeport culturel », qui permette l’accès aux lieux culturels et la pratique artistique.

Au festival d’Avignon, certains d’entre nous ont été frappés par le miroir que tendait le spectacle vivant au monde en train de se faire, ou plutôt de se défaire. Erri de Luca, Elfriede Jelinek, Ahmed Madani, Matei Visniek, pour en citer quelques-uns, ont exploré notre rapport à l’autre, notamment à celui qui, peu ou prou, nous semble éloigné.

Vient de paraître opportunément une Archéologie des migrations (Dominique Garcia, et Hervé Le Bras) rappelant le peuplement par migrations de la planète et notre génétique, témoin des métissages. La peur, l’attachement à une relative opulence, mais aussi la volonté de tranquillité, le confort de l’entre soi, même s’ils sont illusoires, élèvent des forteresses.

En ce début de saison, nous tous qui aimons nos rendez-vous avec la scène, qui plaçons la créativité au cœur de notre vie, si nous réfléchissions à un partage généreux de ce bien commun qu’est la culture ? • Isabelle Royer, présidente

 

       

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