Le Musée de la bande dessinée à Angoulême réunit 90 affiches à message politique ou social

Genre littéraire et discipline artistique, la bande dessinée est aussi un médium à part entière. Dans les librairies et les galeries, mais aussi sur les supports de communication.
Ainsi, les affiches de propagande politique, comme on peut le voir actuellement au Musée de la bande dessinée d’Angoulême à travers l’exposition « Un siècle d’affiches politiques et sociales en bande dessinée ».
Fort de 90 pièces issues de la collection personnelle de Michel Dixmier, spécialiste de la caricature et du dessinateur libertaire Gustave Henri ­Jossot (1866-1951), l’accrochage propose une sélection des combinaisons possibles – heureuses ou hasardeuses – des deux modes d’expression.

Le parcours est divisé en deux parties à la fois chronologiques et idéologiques. La première débute à la fin du XIXe siècle et s’arrête au soir de la seconde guerre mondiale : la bande dessinée à fin d’affichage est alors l’apanage des partis et mouvements de droite. La seconde partie – de 1968 à nos jours – montre, à l’inverse, comment la gauche s’est emparée du concept. Les propos et les contextes historiques ont beau s’opposer, les mécanismes sont les mêmes : « De droite ou de gauche, ces affiches nous rappellent combien la bande dessinée est un langage universel et populaire, dont chacun peut s’emparer parce qu’il va attirer l’œil », souligne le co-commissaire de l’exposition, Thierry Groensteen.

L’« inventeur » de ce genre publicitaire en tant que tel s’appelle Gaston Lucq, dit Glucq. (…) Il proposait des histoires en estampes – avec des textes sous les vignettes – qu’il faisait ensuite imprimer à la célèbre imagerie Pellerin d’Epinal. (…) Entre les dreyfusards, les juifs, les francs-maçons, les communistes, les radicaux et autres « panamistes », les cibles, à l’époque, ne manquaient pas.

Anonyme, Imagerie Pellerin Epinal, Glucq, 1902.

                                               image: http://s1.lemde.fr/image2x/2016/11/18/534×0/5033671_6_b7cb_anonyme-imagerie-pellerin-epinal-glucq              1902_1fb6ff23cd799a17dd15fbab6a1fde46.jpg

Les campagnes électorales n’échapperont pas à ce nouveau type de communication. En 1902, la Ligue des femmes françaises récemment créée fait ainsi réaliser une affiche en BD dont le but est d’enjoindre les femmes – qui n’ont pas le droit de vote – d’encourager leurs maris à glisser le bon bulletin dans l’urne aux élections législatives de mai. (…)

 Moribonde après la guerre, l’association de l’affiche et de la bande dessinée devra attendre Mai 68 pour connaître un nouvel essor. Les murs de Paris s’ornent alors de slogans peints au pochoir, une esthétique nouvelle accompagne la révolution. Tout juste sortie de sa marginalité, la BD est alors « récupérée » par les affichistes amateurs des mouvements de gauche et d’extrême gauche. Peu importe que ceux-ci sachent peu ou mal dessiner : on détourne et on plagie sans vergogne des héros et des séries célèbres – les Schtroumpfs, Astérix, Snoopy, Popeye, Pim Pam Poum… – afin de promouvoir des messages antimilitaristes, trotskistes, féministes, écologistes…

Anonyme, d’après « Krazy Kat » de George Herriman, AC ! Agir ensemble contre le chômage, années 2005-2010.

image: http://s1.lemde.fr/image2x/2016/11/18/534×0/5033675_6_dfa1_2016-11-12-169c02d-16419-1w9gszx-cfnor5p14i_3e29605591eb0438174382289063a8e6.jpg

Anonyme, d’après « Krazy Kat » de George Herriman, AC ! Agir ensemble contre le chômage, années 2005-2010. AC ! AGIR ENSEMBLE CONTRE LE CHÔMAGE

(…) Rien ne vaut, pour le coup, le savoir-faire de spécialistes de l’image comme Wolinski, Reiser, Tardi, Copi, Tignous ou F’Murr qui s’y essaieront tous. Sans oublier Cabu qui, parce qu’il était incapable de dire non, réalisera de nombreuses affiches, souvent gracieusement : pour les droits des femmes, contre le nucléaire, en faveur du pacifisme…

La pièce la plus forte de l’exposition demeure néanmoins l’œuvre d’un pur affichiste, Alain Le Quernec. Créée en 1981 pour la section bretonne du Parti socialiste unifié (PSU), sa Bécassine brandit le poing en dessous du slogan « Décidons chez nous ».(…)

« Un siècle d’affiches politiques et sociales en bande dessinée », Musée de la bande dessinée d’Angoulême, jusqu’au 31 décembre. Info : Citebd.org

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/bande-dessinee/article/2016/11/18/la-bd-fait-le-mur_5033678_4420272.html#bme8MR7DI0OLiRRb.99

       

A propos de l'auteur

Présidente de la MCH

Ajouter un commentaire

Rubrique des spectateurs

 
  Smart factory, la fabrique d’œuvres d’art, au Tétris Il resta silencieux pendant un long moment Il se tut pendant un moment Il était
            Il est des fictions qui rassemblent toutes les générations, et cela sur plusieurs années. Le Prisonnier, série télévisée de
Depuis le 8 mars, le Musée d’Art Contemporain de Lyon, présente une gigantesque exposition sur deux étages, où les travaux de 34 artistes, des
  On peut aimer les musées silencieux et pouvoir arpenter leurs salles en compagnie paisible et recueillie. On peut aimer se sentir seul devant les œuvres,
L’échange est essentiel pour faire découvrir et aimer l’art aux publics qui n’y ont pas accès.
Amener La Joconde à Sevran, au milieu des HLM ? C’est l’un des buts de la Micro-Folie, un musée numérique implanté dans le quartier des Beaudottes en janvier 2017.
La meilleure façon de décrire le « jeune cosmopolite esthétique » que nous avons rencontré, c’est de dire qu’il est à l’aise partout.
Manga, pop coréenne, série islandaise… Grâce à Internet, les moins de trente ans s’approprient librement une culture désormais mondialisée. Ce qui enrichit leur identité, selon

La MCH sur Facebook

 
Nos bons plans
sur notre sélection de spectacles ...
Coups de coeur
Les événements à ne pas manquer...
J'adhère à la MCH
Téléchargez le bulletin d'adhésion ...
Créer un profil
pour soumettre mes événements ...