Le journal Le Monde et le théâtre

Des adhérents recommandent Le Monde du 6 juillet : spectacles, combat des intermittents, analyse de Thomas Ostermeier…

De quoi “nourrir” un spectateur !

Dans l’édition de ce dimanche, différents articles sur le théâtre sont à noter, en particulier:
– l’entretien avec Thomas Ostermeier… {Pour lui, la notion vague de “bobos” caractérise plutôt des spectateurs bourgeois des centres-villes (frappés, NDLR) d’une certaine paresse…}
– l’article co-écrit par JF Sivadier
– l’article de Fabienne Darge consacré à Lucrèce Borgia. Pour information, David Bobée est le directeur du CDN de Haute-Normandie, nouvellement créé (regroupement du théâtre des Deux-Rives, de la Foudre de Petit-Quevilly et du théâtre de Mont Saint-Aignan).
Après Grignan, ce spectacle (le meilleur des 4 Lucrèce?) devrait se donner à la Foudre du 9 au 17 décembre (on peut trouver sur internet: Béatrice Dalle joue Lucrèce Borgia / Relikto).

Roger et Chantal Gresser: “Victor Hugo écrit Lucrèce Borgia, en 1833, après le cuisant échec du Roi s’amuse. Il avait besoin d’un succès, il l’eut : la pièce fut un triomphe – qui ne se dément pas, presque deux siècles plus tard, au vu de l’accueil enthousiaste que reçoivent ces spectacles récents, notamment les versions de Denis Podalydès et de David Bobée, actuellement visibles à la Comédie-Française et au château de Grignan (Drôme).

Hugo, qui fut en France un des premiers grands admirateurs et commentateurs de Shakespeare, disait d’ailleurs des Borgia qu’ils étaient « les Atrides du Moyen Age ». Mais il a su surtout donner à cette histoire une forme populaire, plus accessible et familière, pour le public de son temps que la tragédie grecque.

C’est sans doute ce qui explique la fortune actuelle de la pièce, dans un théâtre français qui cherche désespérément, depuis quelques années, la pierre philosophale d’un « théâtre populaire », dont la définition et les contours semblent s’être perdus avec le naufrage général du grand modèle français de l’après-guerre.

Nietzsche disait que, « ce qui frappe chez Victor Hugo, c’est l’absence de pensée. Ce n’est pas un penseur, c’est un être de la nature : il a la sève des arbres dans les veines ». C’est un théâtre d’émotions premières, simples et immédiatement recevables, pour peu qu’il soit joué en connaissance de cause, avec de l’allant et du coeur. Et dans ces cas-là, il séduit, dans un paysage théâtral qui s’est peu à peu scindé radicalement entre des formes cérébrales et élitistes, et un théâtre de boulevard, lui, souvent décérébré.

THÉÂTRE POPULAIRE AU SENS NOBLE

Ce n’est pas un hasard si le grand redécouvreur d’Hugo, en France, a été Jean Vilar, l’inventeur du Théâtre national populaire, et si la grande mise en scène de Lucrèce Borgia, dans la période contemporaine, a été signée par Antoine Vitez, son successeur à la tête du TNP. David Bobée ne dit pas autre chose, quand il explique avoir choisi la pièce parce qu’elle relève d’« un théâtre populaire au sens le plus noble du terme, apte à toucher le public dans sa diversité »….Fabienne Darge (aperçu)

       

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