Poesia sin fin d’Alejandro Jodorowsky au Sirius

J’ai découvert au Sirius, le film de Jodorowsky,  qui, à l’âge de 87 ans, a réalisé un film d’une puissance prodigieuse, Poesia sin fin, vu à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Il s’agit d’une autobiographie qui prend au sérieux les souvenirs et s’attache à les peindre avec magie et poésie. Le vieil homme suit les pas du jeune homme qu’il a été, apparaissant à ses côtés avec tendresse, dialoguant avec lui, “le passé de son futur”.

On est dans les terribles années 1940 à Santiago du Chili, les ombres des militaires, le poids de la dictature en arrière plan…..Comment vivre ? Comment être libre ? La réponse est dans l’art et surtout la poésie.

C’est la forme qui nous emporte ici, dans la veine de Bunuel, Fellini, Kaurismäki….Tout nous surprend, chaque scène étant un “cadavre exquis” à la manière des surréalistes… Le bric et le broc de la construction narrative, les décors, les textes souvent fulgurants, les figures des personnages : on les a vues ainsi enfant, on se les remémore ainsi dans son imaginaire….Jodorowsky emprunte au théâtre  la fabrication de ce monde et à la psychanalyse la force des images et leur vérité subjective.

Le littérature sud-américaine nous vient en mémoire, riche de la combinaison du réel et du fantastique, de ce réalisme magique qui nous a tant fascinés. Finalement, si l’on se laisse porter, le déroulement du film nous emmène de scène en scène sur des territoires émotionnels  que peu de films ont abordés.

Le film :

Dans l’effervescence de la capitale chilienne Santiago, pendant les années 1940 et 50, « Alejandrito » Jodorowsky, âgé d’une vingtaine d’années, décide de devenir poète contre la volonté de sa famille. Il est  introduit dans le cœur de la bohème artistique et intellectuelle de l’époque et y rencontre Enrique Lihn, Stella Diaz, Nicanor Parra et tant d’autres jeunes poètes prometteurs et anonymes qui deviendront les maîtres de la littérature moderne de l’Amérique Latine. Immergé dans cet univers d’expérimentation poétique, il vit à leurs côtés comme peu avant eux avaient osé le faire : sensuellement, authentiquement, follement.

Dans Telerama :

Le cinéaste poursuit, avec Poesia sin fin, le récit burlesque, coloré, extravagant de sa vie. Il l’invente, la réinvente en une suite de trouvailles esthétiques, de scènes époustouflantes : le café Iris, par exemple, ce lieu gris aux clients endormis et aux serveurs cacochymes, où il rencontre, un soir, une créature échappée d’Amarcord de Federico Fellini : la poétesse Stella Diaz.(…)

Le film exalte le cinéma magique, celui de Méliès, ses trucages naïfs et l’émotion qui les submerge. Jodorowsky s’en sert pour inciter les spectateurs de tous les films du monde à s’ouvrir à l’imaginaire. Aux fantasmes. A tout ce qui dépasse la réalité. Lors du dénouement, soudain présent sur l’écran, il force celui qu’il a été, jadis, à se réconcilier avec son père – ce qu’il n’a jamais réussi à faire dans la vie. C’est le rôle du cinéma de conserver le passé, de se réconcilier avec lui et, en un sens, de retrouver, comme le temps perdu de Marcel Proust. Pierre Murat

Le réalisateur :

Après avoir étudié la philosophie et la psychologie, Alejandro Jodorowsky s’oriente rapidement vers une carrière artistique qui débute véritablement lorsqu’il émigre en France en 1953. Il y travaille le mime avec Marcel Marceau pour lequel il crée des célèbres pantomimes comme La Cage. Passionné de surréalisme, il fonde en 1962 le mouvement Panique avec Fernando Arrabal et Roland Topor qui donnera lieu à des happenings aussi dérangeants que décalés. En 1965, il se rend au Mexique pour y créer le Théâtre d’Avant Garde où il monte notamment des pièces de Beckett, Ionesco, et Strindberg.

Il se tourne alors vers le cinéma et fonde la société Producciones Panicas grâce à laquelle il tourne son premier long métrage, Fando et Lis, adapté d’une pièce de théâtre de Fernando Arrabal. (…)

       

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Présidente de la MCH

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