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887 Robert Lepage au Festival d’Automne

Nom de code : 887 (prononcer 8-8-7) pour un souvenir d’enfance, celui de l’auteur-acteur-metteur en scène québécois Robert Lepage, qui revient à Paris, où il fait l’ouverture du Festival d’automne, avec un de ces solos où il excelle. Toujours aussi virtuose, aussi magicien, Lepage s’interroge sur la mémoire et l’identité en plongeant dans son enfance, où explosent les bombes du FLQ (Front de libération du Québec) et où la Belle Province s’émancipe sur le plan culturel.(..)
Je n’ai pas l’ambition de faire des spectacles à grand déploiement : mon travail a toujours été beaucoup plus intimiste. Quand on m’a proposé de faire le Ring, de Wagner, ou de travailler à Las Vegas, j’ai été étonné, mais j’ai essayé de prendre cela comme un deuxième ou un troisième conservatoire.

Que vous ont apporté ces expériences ?

Elles m’ont fait réfléchir sur le contact avec le public. On ne pense pas apprendre grand-chose, quand on va à Las Vegas, et pourtant, j’y ai beaucoup appris quand j’ai mis en scène KA pour le Cirque du Soleil. Là-bas, vous jouez devant un public qui n’a rien à voir avec le public habituel du théâtre. Là, vous comprenez un peu mieux ce qui dépasse les frontières, les cultures, la langue, la convention. Le travail à l’opéra, c’est la même chose dans un autre milieu : vous travaillez avec des gens qui ont des talents suprahumains – des chanteurs qui ont des voix plus grandes que nature, comme les acrobates vont au-delà des capacités du corps humain –, donc on a la même idée du dépassement, de personnes qui sont presque des demi-dieux. Les chanteurs ne peuvent pas chanter des banalités, ils ne peuvent se faire les interprètes que de choses viscérales… Cela me réconcilie avec le théâtre, qui a tendance à se cinématographier de plus en plus, tandis que le cirque et l’opéra nous ramènent à la théâtralité, à la dimension démesurée de la vie.(…)

our Le Rossignol, par exemple, je m’intéressais à la culture vietnamienne depuis longtemps, mais ce spectacle était une excellente occasion d’explorer le lien entre la marionnette et la présence du chanteur. A l’opéra, le chanteur est toujours complexé physiquement ou malhabile, ou alors le metteur en scène essaie de le faire bouger comme un acteur, ce qui est une erreur. Le physique d’un chanteur d’opéra est là pour supporter la voix. Travailler avec une marionnette permet de décomplexer les chanteurs, d’envoyer le physique dans la figurine. Après, quand vous revenez au théâtre, vous comprenez bien des choses. Ce que le corps raconte, ce que le texte veut dire, ce qui est redondant… Finalement, toutes ces explorations, c’est toujours pour chercher comment mieux raconter une histoire. Car le théâtre reste mon territoire : c’est là que j’écris, que je m’exprime. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/scenes/article/2015/09/09/robert-lepage-un-acteur-c-est-un-sportif-de-la-memoire_4749758_1654999.html#RrZpRDDrJOXHt45w.99
       

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