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L’Observatoire des politiques culturelles publie :
Alors que le contexte budgétaire et politique s’annonce particulièrement défavorable pour le secteur de la culture, l’OPC a lancé, fin mars, une « Cartocrise culture 2025 » avec 73 réseaux, syndicats et associations professionnelles. Une cartographie contributive qui vise à identifier plus précisément les organisations touchées par des diminutions de soutien public en 2025. Elle concerne l’ensemble des catégories d’acteurs culturels, artistiques, socioculturels et patrimoniaux à l’échelle nationale.
Elle présente les données suivantes : domaine d’activité et localisation ; montant et provenance des baisses cumulées de soutien public (subventions des collectivités territoriales et de l’État, fonds publics pour le fonctionnement des établissements et services publics culturels…). À l’heure où est diffusée cette newsletter, plus de 400 organismes ont renseigné la carte et elle s’enrichit de nouvelles participations chaque jour. Les informations recueillies s’affichent en continu et en temps réel. Elles peuvent être filtrées par types d’acteurs. L’Observatoire proposera un premier traitement agrégé des données dans le courant de l’été.
Du côté des médias, les productions pleuvent pour commenter ce climat morose. L’OPC a été sollicité par différents supports. C’est d’abord le caractère inédit de la situation quant à l’ampleur des coupes budgétaires et la frontalité du désaveu que décrit Vincent Guillon à Libération. Il invoque « des motivations profondément idéologiques ». « Le consensus transpartisan autour des politiques culturelles se fissure », alerte-t-il dans l’Humanité, « Désormais, son abandon radical s’assume politiquement et peut se justifier d’un jugement brutal, sans discernement. »
Il évoque dans Télérama « une forme de délégitimation très préoccupante de la culture ». « Une parole publique décomplexée normalise les préjugés sur la culture : accusation d’élitisme et d’entre-soi, de détournement de ressources publiques, voire de parasitisme ».
Emmanuel Négrier complète sur France Culture : « Pour certains élus aujourd’hui, avoir un discours contre la culture, contre les destinataires des subventions culturelles, c’est se construire une légitimité ».
Vincent Guillon revient pour La Croix sur le risque à « considérer la culture sous le seul prisme de la rentabilité ». Il précise aussi dans La Gazette des Communes que les différents secteurs culturels ne subiront pas la même onde de choc : « le monde du spectacle vivant a de bonnes raisons de s’inquiéter, bien plus que celui du patrimoine ».
Invité de Marguerite Catton sur France Culture, le codirecteur de l’OPC met en avant plusieurs clés de lecture pour analyser ce contexte de tensions : un reflux sans précédent des budgets publics de la culture ; un volontarisme politique qui s’essouffle avec une remise en question croissante du bien-fondé du secteur non marchand de la culture ; enfin, une fragilisation du principe de solidarité financière entre l’État et les collectivités. Une contestation des modèles hérités qui s’accompagne, dans certains cas, d’une volonté de repositionner l’intervention publique culturelle autour d’une triple option politique : conservatisme, populisme et privatisation.
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