Un acte nécessaire

Le 9 janvier 2016, Au Satellite Brindeau, au cours de la soirée : « La grande conversation », le film : Dessin quotidien # 1, a été présenté au public, en parallèle avec l’exposition que chacun avait pu visiter auparavant, découvrant ainsi le travail des artistes du film.

 

                  dessin quot. extrait

Dessin quotidien # 1 de Jérôme Le Goff et Frédéric Tran.

Huit artistes aux personnalités différentes, ont été réunis dans une exposition consacrée au dessin. Dans son film, Jérôme Le Goff engage avec eux une conversation, qui grâce au travail de montage, fait de chaque rencontre un monologue.

A l’amateur d’art, il peut paraître banal de voir une exposition, d’entrer dans une galerie, de découvrir des œuvres. Or, ce qu’on lui donne à regarder, c’est le résultat d’heures infinies de travail, de choix dans l’existence, d’une manière d’être au monde. Au nom de quoi la création devient-elle quotidienne ? 
Pour mieux comprendre ce qui anime un artiste, il suffisait sans doute de lui consacrer une écoute sensible. C’est l’approche du film dans une suite de huit entretiens, où les artistes, dans leur atelier, racontent leur parcours, leurs émotions artistiques et leur pratique du dessin. Et surtout, ils évoquent cette nécessité de créer qui ne les quitte pas, acte vital, ce que Kafka définit ailleurs comme : « un besoin impérieux ». La clé de ce film est là.

Ils sont cinq femmes et trois hommes. Entre confidence et déclaration, chacun livre une part de ce qui le pousse à se pencher sur une feuille de papier, jour après jour. Peu importe le temps qu’ils y consacrent, ni le moment, ni le lieu. Ils le font, c’est tout. Ce qui les réunit est le geste de la main qui précède le trait.Tous le disent : ils ont « un rapport physique avec le dessin ». Et du minuscule au grand format, quelque chose d’eux-mêmes « passe sur le papier ».

Jérôme Le Goff, interlocuteur discret, en retrait de l’image et du son, permet à chacun d’eux, en confiance, de laisser entrevoir ce qui le conduit à se consacrer à son art. Car la question sous-jacente de ce film est : qu’est-ce qu’un artiste ?

Pour nous, spectateurs, subsiste le mystère de cet élan qui constitue toute une vie. S’adonner à l’art, ainsi, avec opiniâtreté, est-ce  « repousser ses limites ? » « Devenir absent à soi-même ? » « Poser une empreinte ? » Chacun, dans ce film, mine de rien, apporte des réponses. Et nous spectateur, pouvons ainsi partir avec un éclat, un début de réflexion : celui qui dessine est un « corps pensant, traçant ».

Catherine Désormière

 

Réalisation : Jérôme le Goff et Frédéric Tran
Musique : Rubeck
Artistes:
Joëlle Bondil
Horacio Cassinelli
Vincent Corpet
Laure Forêt
Yves Helbert
Sophie Lebel
Jennifer Mackay
Hélène Muheim

dessin quot. extrait 2

Le DVD du film est en vente (20€) 

La Manicle / Satellite Brindeau
56 rue Gustave Brindeau Le Havre – 02 35 25 36 05
lamanicle@orange.fr  

       

A propos de l'auteur

Commentaires

Ajouter un commentaire

Rubrique des spectateurs

 
Jean Defrêne, adhérent de notre association, homme politique et militant associatif, est mort
Jean Defrêne,  maire honoraire de Rouelles, membre du Parti Socialiste puis du Parti radical de gauche au Havre, ancien maire de Rouelles et adjoint au
Mon cœur /Pauline Bureau, Cie La Part des Anges
Le Volcan, 1 mars 2017 « Sache que ce cœur exsangue Pourrait un jour s’arrêter… »(1) Il en fallait du travail et des idées pour aboutir à ce spectacle
Au pays de l’« exception culturelle française », de plus en plus de films se retrouvent presque mort-nés.
Lumière sur les salles obscures Les salles de cinéma en France ont connu une année faste en 2016. Pourtant, tous les exploitants n’y trouvent pas leur
Réduire la distance entre le danseur et le public : pourquoi ?
Plus question de rester assis au théâtre. Récemment, à Paris, on a partagé l’espace avec les danseurs de Para que o céu nao caia, chorégraphié
 « Billet d’humeur » J’ai connu ma plus forte émotion théâtrale grâce au Off en 1983  – dans une rue des Teinturiers d’avant la lourde prolifération des scènes,
Thelma recherche Louise désespérément…au Bastringue.
Le choix du titre fait référence à deux  film,  Thelma et Louise de  Ridley Scott (1991)et Recherche Suzanne désespérément de Suzanne Seidelman (1985). Les deux

La MCH sur Facebook

 
Nos bons plans
sur notre sélection de spectacles ...
Coups de coeur
Les événements à ne pas manquer...
J'adhère à la MCH
Téléchargez le bulletin d'adhésion ...
Créer un profil
pour soumettre mes événements ...