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« La laïcité n’est pas un art de gérer la diversité religieuse. »

Le président de l’association Unité laïque, Jean-Pierre Sakoun, s’oppose, dans une tribune au « Monde », à la thèse défendue par le politiste Alain Policar dans un entretien paru le 18 décembre 2025 qui défendrait une « vision réductrice de la laïcité ». Or, oppose-t-il, celle-ci « n’est pas un art de gérer la diversité religieuse ».

Publié le 03 janvier 2026
https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/03/la-laicite-est-la-condition-politique-d-une-liberte-commune_6660416_3232.html

A l’occasion des 120 ans de la loi de 1905, certains ont cru bon d’affirmer que la laïcité serait devenue une « valeur coercitive », « hypertrophiée », visant « quasi exclusivement les musulmans », allant jusqu’à faire état d’une « alliance objective entre laïcisme intransigeant et fondamentalisme islamiste ».

 

Ces considérations reposent sur une interprétation profondément réductrice de la laïcité, vue comme une abstention de l’Etat qui se bornerait à organiser la liberté et la coexistence des religions. Or la laïcité n’est pas un art de gérer la diversité religieuse ; elle est la condition politique d’une liberté commune. En la réduisant à une simple neutralité de l’Etat, on oublie son cœur : assurer l’émancipation des personnes, protéger chaque conscience contre les emprises dogmatiques, garantir l’égalité en droits et en dignité et ériger ainsi des citoyens concourant au bien public.

Ces critiques déplacent l’idéal de citoyenneté vers les appartenances communautaires et identitaires, en contradiction absolue avec les principes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.(…)

Ces articles n’organisent pas une mosaïque de croyances, ils instituent un ordre civil, où la loi ne procède d’aucune révélation, n’exprime aucun dogme.

Une architecture de liberté

La laïcité n’est donc pas un compromis tardif, ajouté à la République en 1905, comme un instrument de régulation du pluralisme religieux. Elle est le choix fondateur, juridique et philosophique, par lequel un peuple décide de ne plus se définir par une religion, une origine, une tradition sacrée. Avec la loi concernant la séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905, la République réaffirme que l’unité politique ne naît pas de l’appartenance religieuse mais de la liberté et de l’égalité.(…)

Dire que la laïcité viserait « quasi exclusivement les musulmans », c’est ignorer son principe : la laïcité ne protège pas les religions ; elle protège les personnes. Elle garantit à chaque individu la liberté de ses croyances et à tous le droit de critiquer les croyances.

C’est précisément pour cela qu’elle est précieuse à tous, y compris aux musulmans : parce qu’elle empêche qu’un croyant soit prisonnier d’une orthodoxie, qu’une femme soit enfermée dans un statut, qu’un enfant soit soumis à une injonction de conformité ; parce qu’elle permet à chacun de choisir dans les limites de l’ordre public et de la dignité humaine. (….)

 

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