Au Théâtre du Soleil Ariane Mnouchkine et les siens créent « Ici sont les Dragons, Deuxième Époque » : une fresque brillamment incarnée qui nous alerte
La Terrasse (extraits)
Après une Première Époque consacrée à l’année 1917, ce second volet sous-titré « choc et mensonges » en référence à Goebbels reprend le flambeau et s’avance jusqu’en 1933. Invitant à préserver le bien commun contre le poison de la haine et du totalitarisme, la vaste fresque brillamment incarnée résonne de manière stupéfiante avec notre présent(…)
Composée de fragments percutants, suffisamment intelligibles pour être éclairants, la partition voyageuse n’est pas une leçon d’histoire qui explicite et approfondit, elle constitue plutôt un puzzle captivant alimenté de multiples références, elle avance à vive allure, ne livrant pas une lecture confortable, laissant l’intelligence et la subjectivité du spectateur s’emparer d’une mosaïque de situations qui non seulement résonnent entre elles, mais aussi résonnent de manière stupéfiante avec notre présent. Plus présente dans la Première Époque, la figure de la metteuse en scène Cornélia n’intervient cette fois que très peu dans la pièce.(…).
Chaque personnage est finement caractérisé, finement symptomatique, ouvrant vers des abîmes intérieurs, des fureurs démesurées. Accompagnés de somptueuses images en fond de scène, les décors se transforment de scène et scène, manipulés avec une fluidité qui transforme ces métamorphoses en véritable ballet(…).
Place est faite bien entendu aux voix de la résistance, voix majeure de Churchill face à la guerre qui s’annonce : « la malignité des méchants est toujours renforcée par la passivité des vertueux »(…) Agnès Santi
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