Ici sont les dragons – Deuxième époque. Ariane Mnouchkine Théâtre du Soleil
Ce qui est indéniable c’est la virulence de ce que Freud aura appelé « malaise dans la culture », c’est l’extrême cruauté qui fait son nid dans le cœur ordinaire. Sur la scène, le Théâtre gronde et mugit….
BON PLAN MCH / 19 AVRIL 2026 A 14H….L’association MCH a réservé 30 places à tarif réduit 25€ en son nom et à mon nom. Elles seront à retirer à l’accueil du Théâtre du Soleil, à l’arrivée, chacun pourra choisir sa place. Le buffet du théâtre nous permet de déjeuner avant la séance (14h). Il reste des places, profitez-en ! Paiement par hello asso ou par chèque à envoyer à Didier Guilliomet (Bon Plan) ou Isabelle Royer.
https://www.helloasso.com/associations/maison-de-la-culture-du-havre/evenements/ici-sont-les-dragons
Ça va vite, la peste. Un jour c’est dans la rue et déjà c’est dans la tête.
« Certains voyaient venir la catastrophe. »
Qui dit ça ?
Quelle catastrophe ?
Il y a plus d’une catastrophe.
Tout est catastrophiant. Catastrophiable. Disent les uns.
Ou bien c’est nous qui voyons venir notre catastrophe.
On voit venir.
On va au théâtre pour voir la catastrophe, à une certaine distance.
Mais il y a une guerre défensive, une guerre qui fait la guerre à la Guerre de mort, qui puise sa force dans le Droit, dans le courage pour la vie, dans la fidélité à la raison, dans l’amitié.
Et il y a l’envie et le besoin d’en savoir plus et mieux sur les passions de l’être humain. Pourquoi allons-nous au théâtre pour « voir » une pièce appelée « Vers l’abîme », ou Œdipe Roi ? Pour approcher le secret des faits : le Théâtre spéléologue.
Note d’intention
1917, 1918, 1938, 1939, 2001, 2022, 1940, 1945… Il y a des dates qui ne s’effacent pas, il y a des siècles qui ne passent pas, qui n’en finissent pas de faire trembler le monde, de troubler les générations, ne sommes-nous pas toujours dans les années 20, bientôt dans les années 30. Quelles années 30 ? Celles du deuxième millénaire. Des chiffres qui rougeoient comme des bûchers il y a des noms de villes ou de lieux qui sont comme des monuments, Munich, Yalta, Dunkerque, Stalingrad, Nuremberg, Pearl Harbour, Austerlitz, Auschwitz, résonnent comme des monuments de la mémoire des mortels.
Les mortels ! Il y a ceux qui meurent, ces populations, ces nations, ces êtres, ces acteurs, ces personnages, qui nous ressemblent, auxquels nous ressemblons, que nous, mortels, sommes peut-être. Et il y a ceux qui donnent la mort, ces mortels qui infligent et qui tuent. Ceux qui volent, et tuent la mort.
1918-1933 : « Choc et mensonges ».
« En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, on eut la conviction profonde et l’espoir presque universel que la paix allait régner dans le monde. Cette aspiration de tous les peuples aurait pu être exaucée par le bon sens, la prudence et la stabilité des justes convictions. Les alliés victorieux étaient, à l’époque, tout-puissants, du moins face aux ennemis extérieurs. Ils devaient cependant affronter de graves difficultés intérieures et résoudre bien des énigmes dont ils ignoraient la réponse.
En une décennie, le contingent des jeunes hommes atteignant l’âge du service militaire en Allemagne serait le double de celui de la France. La Russie, dévastée et secouée de convulsions, prenait une forme nouvelle et terrifiante. Le démembrement hâtif de l’empire austro-hongrois avait laissé un vide chaotique. Vide dans lequel s’avançait à grands pas un fou au génie féroce, le caporal Hitler.
Alors que trois ou quatre gouvernements puissants, agissant de concert, avaient demandé à leurs peuples les plus effroyables sacrifices, alors que ces peuples les avaient librement consentis pour la cause commune et que les buts tant désirés avaient été atteints, il aurait semblé raisonnable de maintenir cette union concertée, pour que soient préservés les fruits essentiels de la victoire.
Mais la mauvaiseté des méchants se trouvant renforcée par la faiblesse des vertueux, les vainqueurs vécurent d’expédients, au jour le jour, d’une élection à l’autre, jusqu’à ce que soit abandonnée l’ultime sauvegarde d’une paix durable. Les crimes des vaincus trouvèrent ainsi, non leurs excuses, mais leur origine et leur explication dans les folies des vainqueurs.
Ainsi parlait Churchill. Nous pourrions oser dire que tel fut notre scénario de départ ! »
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