Hannah Arendt nous quittait le 4 décembre 1975
A 69 ans, la philosophe Hannah Arendt décédait d’une attaque cardiaque lors d’une soirée entre amis dans son appartement new-yorkais.
Celle qui avait dû fuir l’Allemagne nazie au début des années trente pour gagner l’Amérique, après s’être engagée très activement en France dans le transfert d’enfants juifs en Palestine, s’était imposée comme théoricienne politique dès la fin de la guerre avec sa grande enquête sur Les Origines du totalitarisme (1951).
Après son opus majeur sur la Condition de l’homme moderne (1958), elle n’eut de cesse d’intervenir dans le débat public, à l’occasion notamment du procès Eichmann à Jérusalem (1963) pour lequel elle proposa son célèbre essai sur la “banalité du mal”.
Mais elle anticipa également toutes les questions de notre temps, qu’il s’agisse de la crise de l’autorité et de l’éducation ou de l’effacement de la distinction entre fiction et réalité. Liée à Heidegger, avant de se marier à Günther Anders puis à l’ancien spartakiste Heinrich Blücher, férue d’amitié, de Jaspers à Benjamin en passant par Mary McCarthy ou W.H. Auden, elle mit au centre de sa vie et de sa pensée l’expérience de la pluralité humaine.
À l’occasion de cet anniversaire, nous vous proposons de plonger dans le hors-série que Philosophie magazine lui a consacré cette année, à lire en ligne ici ou à recevoir chez vous.
CINEMA
FILM DE Margarethe von Trotta 2013, avec Barbara Sukowa
1961. Hannah Arendt est une philosophe américaine respectée. Juive et d’origine
allemande, elle a fui l’Allemagne nazie en 1933. À sa demande, elle est envoyée à
Jérusalem par le
New Yorker pour assister au procès d’Adolf Eichmann, criminel de
guerre nazi responsable de la déportation de millions de Juifs. Sa lecture du procès,
des motivations et de la personnalité d’Eichmann, sa mise en lumière de la
collaboration des Judenräte avec les nazis lui attirent de vives réprobations et des
manifestations d’inimitié non seulement parmi les rescapés de la Shoah, mais aussi
parmi ses proches.
Dans Le Monde : « Au cinéma tout particulièrement, le portrait de philosophe n’est pas un exercice facile. Ainsi que le souligne la réalisatrice, il y a quelque chose de paradoxal à filmer quelqu’un qui s’occupe principalement d’observer, et de construire une pensée à partir de sa récolte mentale . »
Dans Bd Voltaire : Contrairement à l’image attendue du bourreau monstrueux, elle y décrit Eichmann comme un bureaucrate médiocre, obsédé par la conformité et le suivi des ordres, incapable de penser par lui-même. Cette constatation donne naissance à l’expression « banalité du mal » : le mal n’est pas toujours le fait d’êtres intrinsèquement monstrueux, mais souvent celui d’individus ordinaires qui cessent de réfléchir à ce qu’ils font.
Cette formulation déclenche une polémique immédiate : certains lui reprochent de minimiser la responsabilité morale des exécutants des crimes nazis ou de blâmer davantage les structures que les coupables. D’autres reconnaissent dans cette observation une clef pour comprendre comment des sociétés entières peuvent basculer dans des violences extrêmes, montrant que chaque être humain est capable du pire.
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