Décès de David Hockney

Né le 9 juillet 1937 à Bradford, dans le Yorkshire, formé à la Bradford School of Art puis au Royal College of Art, il appartient à la génération qui donne au pop art britannique sa visibilité au début des années 1960.
Mais son œuvre s’écarte vite d’une simple iconographie de la culture de masse. Il fut surtout un des rares de sa génération à poser, après les cubistes, la question de la représentation d’un espace pictural.(…)
Il découvre l’art moderne grâce à une exposition consacrée à Van Gogh (1853-1890) à la City Art Gallery de Manchester, en 1955 : « C’était stupéfiant pour moi, à cause des couleurs. A Bradford, tout était gris, sans couleurs, sans ombres, toujours la brume sale. J’en suis parti aussi pour ça. Et là, ces couleurs… Van Gogh a été le premier artiste moderne que j’ai vu. »(…)
1964/1968 En Californie
On pourrait considérer ses tableaux d’alors comme une forme épurée d’hyperréalisme s’il n’y introduisait des éléments perturbateurs, comme l’éclaboussure due à un plongeon, traitée à la manière de Jackson Pollock (1912-1956) – mais qui lui prit plusieurs jours de travail, là où Pollock projetait ses drippings sur la toile en quelques gestes –, ou les reflets de la lumière sur l’eau, qui évoquent l’op art d’une Bridget Riley.(…)
Son intérêt pour la technologie est ancien. Hockney utilise ainsi, en 1985, le très coûteux Quantel Paintbox, lointain ancêtre de Photoshop, mais aussi des photocopieuses, pour réaliser ce qu’il nomme ses Home Made Prints en 1986.
En 1989, il participe à la Biennale de Sao Paulo, au Brésil, en envoyant un fax ! Mais ces outils sont lents ou laborieux, et il accueille avec bonheur l’iPhone en 2008, puis l’iPad en 2010. Les Parisiens en découvrent cette année-là les résultats, non sans surprise, dans une exposition intitulée « David Hockney : Fleurs fraîches. Dessins sur iPhone et iPad », organisée à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.(…)Les applications destinées au dessin permettent, du bout du doigt, toutes les fantaisies, et il s’en régale .
The Arrival of Spring, Normandy, 2020 : comme Monet avant lui, Hockney se focalise sur les variations de la lumière et le changement des saisons. En 2021, il récidive avec A Year in Normandie, « Une année en Normandie », une frise de plus de 90 mètres née de sa fascination pour la tapisserie de Bayeux.
A ceux qui l’interrogeaient sur ces outils modernes, il aimait à citer Edvard Munch (1863-1944) : « La photographie ne peut pas rivaliser avec la peinture parce qu’elle ne peut accéder ni au paradis ni à l’enfer » et ajoutait que « même un pinceau est une forme de technologie ». Et de citer un proverbe chinois : il est toujours besoin « de la main, de l’œil et du cœur » de l’artiste pour donner naissance à une œuvre.(Le Monde extraits)
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