La danse, comprendre, avec la série documentaire Let’s dance

Tous en scène ! Le thème de la nouvelle saison de « Let’s Dance », collection réalisée par Olivier Lemaire et Florence Platarets, ausculte les chorégraphies d’ensemble, la tendance « collectif et chorale » qui noue les spectacles traditionnels et apparaît de plus en plus fréquemment sur les plateaux contemporains. Le chorégraphe israélien Ohad Naharin compare le groupe à « un paysage », l’Italien Emio Greco le considère comme « une énigme », le Français Jérôme Bel l’a vécu en mode « échec ».

Mettre en scène un grand nombre d’interprètes oblige à prendre à bras-le-corps tous les individus en ciblant le dessin global de la chorégraphie. « Il s’agit de faire ressortir ce qu’il y a de meilleur ou de pire en chaque personne selon la pièce », glisse Akram Khan lors d’une répétition d’Until the Lions. « Pour pouvoir faire le spectacle, il faut que tout le monde soit d’accord, on ne peut pas aller le montrer alors que certains ne peuvent pas défendre ça ou ça, c’est impossible », insiste Rosalba Torres, co-chorégraphe avec Koen Augustijnen, de Badke.

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Qu'il soit composé de trois ou de trente danseurs, le groupe qui danse est commun à tous les genres chorégraphiques, des danses scéniques aux danses folkloriques ou tribales.

Les bras grands ouverts sur tous les styles de danse, Olivier Lemaire et Florence Platarets surfent sur le contemporain, le traditionnel, le hip-hop, le classique, Bollywood… et même les shows de Christine and The Queens. Ils fouillent les sous-couches de ces chorégraphies d’ensemble, de l’organisation du groupe, de la vigueur magnétique de l’unisson… « Un groupe de danseurs sur scène doit être la représentation de l’humanité », déclare Jérôme Bel. « C’est une microsociété en soi », ajoute Emio Greco. « C’est l’énergie, la flamboyance, comme une fête », s’exclame le chorégraphe indien Shobi Paulraj, qui met en scène d’incroyables tableaux à l’unisson pour les blockbusters de son pays.

La question du renouveau, depuis le début des années 2000, des cultures traditionnelles sur les scènes contemporaines est aussi évoquée. « Cela permet de poser ce que l’on a tous en commun », précise Christian Rizzo à propos de son spectacle D’après une histoire vraie, enraciné dans le souvenir d’une danse folklorique turque. Hautement énergique, intensément humaine, la danse en groupe renvoie à une communauté qui, soudain, de façon éphémère, se tient par la main et s’élance ensemble.

Face à ce nœud d’énergie, le deuxième documentaire se focalise sur le solo. Depuis les créations coups de poing, véritables combats graphiques de Vaslav Nijinski au début du XXe siècle, jusqu’aux numéros de virtuosité classique emportée par la giration, en passant par la retenue de la postmodern dance américaine d’Yvonne Rainer, danser seul n’est pas une mince affaire. Surexposition, carte d’identité, ADN artistique, le solo frontalise un geste hautement singulier en marquant un nouveau territoire.

Loïe Fuller, ici réinterprétée par Julie Atlas Muz, reine du Cabaret New Burlesque, Valeska Gert, mais encore aujourd’hui Mark Tompkins, Carolyn Carlson, sublime interprète de monologue, ont redessiné la carte de l’art chorégraphique par leurs pièces en solitaire.

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Plus chronologique et historique, avec inscription populaire et savante, ce deuxième volet ouvrira sur une troisième partie consacrée au duo.

Rosita Boisseau

Let’s Dance, saison 2, de Florence Platarets et Olivier Lemaire (Fr., 2016, 2 × 55 min).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2016/11/11/tv-let-s-dance-les-nouveaux-territoires-de-la-danse_5029755_1655027.html#Us6Teb7BBlDVDuB5.99

       

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