LA SCENE 25 ANS !

Le 6 mars 1996, à quelques jours de notre lancement, nous
recevions notre premier bulletin d’abonnement.(…)

 En 1996, le premier magazine professionnel en France sur le monde du spectacle vivant
voyait le jour. Vingt-cinq ans plus tard, notre crédo reste le même : être un spectateur attentif de l’actualité des professionnels du théâtre, de la musique, de la danse, des arts de la rue et du cirque.

Nous aurions aimé célébrer ce quart de siècle dans un contexte plus festif, sans le joug de ce virus dévastateur qui paralyse depuis un an le monde du spectacle vivant – nos lecteurs, amis, annonceurs,
partenaires et plus encore – et qui a plongé nombre d’artistes et ceux qui les accompagnent dans l’accablement et la tristesse.

À l’heure de cet anniversaire, c’est un mélange de profonde reconnaissance envers nos lecteurs et annonceurs, de saine nostalgie, de sage fierté, mais aussi de sens des responsabilités qui nous anime.
Depuis vingt-cinq ans, le monde du spectacle et la filière professionnelle ont connu treize ministres de la Culture et de profondes évolutions.
Et la crise actuelle augure sans doute de profondes mutations. Durant toutes ces années, La Scène a grandi, évolué, connu des nouvelles formules, publié des dizaines de milliers de pages, réalisé des
suppléments, des hors-séries. Nicolas Marc, éditeur, et toute l’équipe de La Scène

EDITORIAL N°97 SPECIAL ETE 2020

À crise historique, numéro historique.

Notre rédaction s’est pleinement mobilisée pour vous informer au mieux et vous proposer cette édition si particulière. Nous voulons décrypter sous des facettes multiples les conséquences
de la crise de Covid-19 dans le monde du spectacle et esquisser des pistes de réflexion. Nous donnons la parole à des professionnels de tous horizons. Nous racontons la manière dont ils ont traversé le confinement et géré cette situation dramatique et sans précédent pour la flière culturelle. Nous vous informons aussi de façon concrète sur les règles exceptionnelles qui sont applicables et les mesures mises
en place pour accompagner et protéger les entreprises de spectacle.

En résumé, nous voulons donner des clés pour se projeter dans l’avenir, sans avoir la prétention de savoir précisément de quoi demain sera fait.
Cette crise est terrible, inédite, inimaginée, impensable et, ne nous le cachons pas, cruellement angoissante pour beaucoup. Dans un secteur où nombre de professionnels œuvrent par passion et par conviction, elle nous touche au plus profond de nous-mêmes, de nos projets, nos modèles, nos visions, nos utopies, notre rapport à l’art, à la culture et aux autres.
Du jamais vu, du jamais vécu. À l’heure où nous bouclons ce numéro, la France se déconfine, nombreux sont les secteurs à repartir, mais le spectacle vivant est toujours à l’arrêt quasi complet, dans un brouillard des plus épais.
Les rideaux sont baissés. Les festivals d’été ont été décimés par centaines. Les théâtres et les salles sont fermés, laissant leurs équipes face au casse-tête des programmations, jonglant avec les annulations et les reports en étant conduits à rembourser des spectateurs. Leur réouverture s’avère complexe, parfois
impossible, et à échéance incertaine. Les productions sont figées. Du côté des équipes artistiques, certaines répétitions ont repris, mais on ne compte plus les créations fauchées en plein vol, des compagnies privées de tournées et de visibilité professionnelle, obérant leur avenir. Les intermittents du spectacle,
qu’ils soient artistes ou techniciens, sont encore plus précaires. D’une manière générale, c’est tout l’écosystème qui est en plein chaos.
Le monde du spectacle a toujours été sur un fil, capable, face aux vents contraires, de plier sans rompre, de faire preuve de résilience. Mais l’ampleur exceptionnelle et inattendue de la crise attise toutes les inquiétudes. Relance ?
Reconstruction ? Le second terme semble le plus à propos. Un véritable plan de l’État est attendu à la hauteur des enjeux et des dommages économiques présents et à venir. Il est indispensable. Incontestablement. Certes, la filière du spectacle a bénéficié de toutes les mesures annoncées par le gouvernement – activité partielle, report de charges, fonds de solidarité, en plus de « l’année
blanche » prévue pour les intermittents – mais aucun plan significatif n’a été décidé pour l’heure.

La culture n’a plus à faire la démonstration de son poids économique et de son caractère « essentiel ». Pour le moment, le peu combatif ministre de la Culture – tout en reconnaissant que le coût de la crise va
se chiffrer en milliards pour le secteur culturel – concentre légitimement les critiques quasi unanimes de la profession. Les chiches aides vont le plus souvent aux secteurs… déjà aidés avec, d’un côté, une culture “protégée” et, de l’autre, une culture “menacée”. Le sempiternel clivage public-privé, qui fait
la richesse et le dynamisme de la flière. L’État ne pourra pas faire l’économie d’un soutien massif au secteur, de surcroît dans un pays qui, faut-il le rappeler, est le plus engagé au monde en matière de financements culturels publics.
Il ne pourra s’enorgueillir d’un plan fantôme et laisser les collectivités seules à la manœuvre, face à d’innombrables structures qui vont connaître des cessations d’activité et des destructions vertigineuses d’emplois. Personne n’imagine le modèle culturel français s’écrouler. Mais il est aujourd’hui
sérieusement fissuré. Et le pire est – hélas ! – sans nul doute à venir… Les prochains mois seront cruciaux et la profession doit rester unie et mobilisée, tout en inventant des solidarités et en créant des liens invisibles.
Il reste du chemin à parcourir pour que le spectacle reste bien… vivant.
Drôle d’ambiance.
NICOLAS MARC

 

       

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