HOMMAGE AU DIRECTEUR de la MCH BERNARD MOUNIER (1967-1975)
HOMMAGE A BERNARD MOUNIER
Bernard Mounier, le créateur et animateur culturel, vient de nous quitter. Habitants du Havre, nous mesurons l’importance de l’héritage de ce directeur enthousiaste de la Maison de la culture de 1967 à 1975, nommé par André Malraux lui disant : Je vous souhaite du courage pour la longue marche de l’esprit vers la culture partagée…
L’association Maison de la culture du Havre, fidèle aux premiers publics qui ont accompagné cette histoire depuis sa création, en juin 1961, a publié en 2016, aux Presses Universitaires de Rouen et du Havre, Culture et démocratie, un ouvrage dans lequel des directeurs, présidents, historiens, spécialistes, élus, employés, retracent l’aventure de cette Maison, invention d’André Malraux. Souvenons-nous : les difficultés, financières, idéologiques, rencontrées par son ministère au sein du gouvernement même, sont énormes : « Ce que je veux est fou, ce que je peux est nul », déclare-t-il à ses proches ! (Charles-Louis Foulon)
A l’arrivée de Bernard Mounier, la Maison de la culture est installée, après le Musée et des chapiteaux, au Théâtre de l’Hôtel de ville. Dans les années suivant 1968, elle prend véritablement toute sa place dans le paysage havrais. Il s’agit de concrétiser le rêve du ministre mais aussi des Havrais, pionniers dans cette entreprise. Grâce à eux, nous pouvons être fiers de cette histoire culturelle qui a donné un cœur à la ville, le Volcan, héritier de la MCH, et à des publics la conscience d’être des spectateurs-acteurs. (Pourquoi une association de spectateurs ? (Semestriel de l’association MCH n° 36. Didier Guilliomet).
Il faut lire le témoignage du directeur dans Culture et démocratie, intitulé L’expérience havraise. Celle-ci s’avère déterminante : Les 8 années passées dans cette ville ont marqué la conduite de ma vie professionnelle, dans l’action culturelle et ensuite dans la télévision et le cinéma documentaire. J’ai l’impression d’avoir réitéré, à chacun de mes postes, les démarches publiques que nous avons inventées ici. (…)
Ensemble, nous sommes allés chercher « les » publics là où ils se trouvaient, en tissant un réseau de partenaires associatifs, au centre duquel les comités d’entreprise ont joué un rôle majeur, par l’entremise de Tourisme et travail. (…)
Nous étions favorisés par le mode de financement de l’établissement : à chaque franc attribué par les collectivités locales, répondait un franc venant de l’État. Cette parité nous assurait une liberté exemplaire, reconnue et soutenue par les élus havrais et certains des successeurs de Malraux.
Le fil conducteur dans tout cela ? Il était parfaitement aléatoire ! Nous voulions aller vers et faire avec. Nous naviguions à l’estime, au coup de cœur. Nous avions pour nous la curiosité, le désir de transmettre, l’envie de surprendre. Et la permission de l’audace, car nous avions le privilège que personne n’ait rempli ces responsabilités avant nous. (…)
Un bilan détaillé soulignerait les manques et les manquements, jamais les échecs. Je le dis sans complexe, car nous avons su écarter le mythe de la culture pour tous au profit de la culture partagée peu à peu par le plus grand nombre.
Bernard Mounier a marqué durablement les habitants du Havre, grâce à Juin dans la rue, ou les Fêtes de Valmont, évènements populaires dont certains se souviennent encore. Il déclarait en 1975 : Pour ma part, j’ai toujours considéré que création, diffusion et action culturelle faisaient partie de nos missions (…) Nous étions enthousiastes, nous étions aussi constructeurs.
Aujourd’hui, avec l’équipe du Volcan autour de Camille Barnaud, nous lui rendons hommage, inventeur à la suite de Reynold Arnould et de Marc Netter, de cette conception de la culture définie par Jean Caune : L’action culturelle doit permettre aux hommes non seulement d’avoir plus mais d’être plus. La culture est action.
Isabelle Royer, présidente de l’association Maison de la culture du Havre
Photos de Gérard Lecomte
Retrouvez Bernard Mounier en podcast sur France Culture : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/soiree-chez-bernard-mounier-maison-de-la-culture-du-havre-9738596
BIOGRAPHIE
Après des études au collège de Saint-Jean, Bernard Mounier a rejoint la faculté de droit et le Conservatoire d’Art Dramatique de Poitiers. Après avoir été Conseiller Technique et Pédagogique (théâtre, animation rurale) à la Jeunesse et aux Sports, il a dirigé successivement, à partir de 1964, le Centre Culturel Français de Madagascar, les Maisons de la Culture du Havre et de La Rochelle, FR3 Limousin-Poitou-Charentes, les Programmes Nationaux de FR3, France 3 Sud. Depuis 1994, auteur, producteur et réalisateur indépendant, sa filmographie compte quelques 35 documentaires, tournés notamment en Afrique.
Maire de Talmont-sur-Gironde de 1995 à 2001, membre de l’Académie de Saintonge et du Conseil de Développement de l’Agglomération de La Rochelle, expert audio-visuel pour Poitou-Charentes Cinéma, il est Chevalier de la Légion d’Honneur (Communication) depuis 1992 et Chevalier des Arts et Lettres depuis 1981.
Bibliographie
- Les Acadiens piétons de l’Atlantique, Ed. Lacombe Montréal, 1983
- Afrique en Créations, Ed. Documentation Française, 1990
- Talmont-sur-Gironde, avec Michel Guillard, Ed. de Monza, 1996
Aux Éditions Bonne-Anse
- Talmont et merveilles sur la Gironde, 2004
- René Val ou la Véritable histoire du caviar de la Gironde, 2005, adapté pour la télévision – 52′- France 5 (avec Bérengère Casanova) 2007
- Lorsque les gens d’ici découvraient l’Amérique, 2005
- Samuel de Champlain, Carnet de voyages au Canada, avec Patrick Henniquau, 2006
- Gloire aux Pilotes de l’embouchure de la Gironde, 2007, adapté pour la télévision – 52′- France 3 (avec Jean-Luc Blanchet) 2009, édité en DVD par Bonne-Anse et Grand Angle Productions 2010







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