PAUL MOAL, peintre des travailleurs de la mer

La galerie d’art La Villa Havraise a présenté durant tout ce mois de juin une exposition du Breton Paul Moal consacrée au travail des marins-pêcheurs.

Il s’agit d’images de marins à bord des navires, déchargeant des caisses ou attablés à un comptoir, de bateaux faisant l’objet de tâches d’entretien dans le port, et aussi de poissons et crustacés.

Cet ancien enseignant et petit-fils de pêcheur a beaucoup exposé, notamment dans des salons internationaux, en France, en Grande-Bretagne et à Chicago « J’ai 73 ans et j’expose depuis l’âge de 20 ans. J’ai vécu dans deux ports et j’aime bien aller à Concarneau et à Guilvinec », explique Paul Moal.

Né en 1948, à Douarnenez, Paul Moal a grandi aux côtés des hommes de la mer. De son enfance proche du milieu maritime, il va garder le goût des embruns, un attrait pour le labeur des pêcheurs, une admiration pour ces hommes courageux...Dans son travail artistique, Paul Moal cherche à reproduire le geste du marin pêcheur. Ayant embarqué en mer, il a pu être le témoin privilégié du travail des pêcheurs… Son sens aigu de l’observation s’imprime dans son œuvre. La véracité du geste reproduit est comme un hommage au dur labeur de ces hommes.

  • Victor Hugo a écrit Les Travailleurs de la mer (1866) : V. Hugo y exprime son admiration pour les marins de l’Île de Guernesey (il y est exilé au moment où il écrit ce livre), sa fascination pour la mer, qu’il dote ici d’une puissance digne d’un conte fantastique : une pieuvre gigantesque.

« Dans les écueils de pleine mer, là où l’eau étale et cache toutes ses splendeurs, dans les creux de rochers non visités, dans les caves inconnues où abondent les végétations, les crustacés et les coquillages, sous les profonds portails de l’océan, le nageurs qui s’y hasarde, entraîné par la beauté du lieu, court le risque d’une rencontre. Si vous faites cette rencontre,ne soyez pas curieux, évadez-vous. On entre ébloui, on sort terrifié. »

  • Les travailleurs dans la peinture :

L’ère industrielle va montrer l’homme dans des tâches moins nobles et plus diversifiées. L’effort est au centre de ces représentations. Le travail est dur et les conditions difficiles mais il devient un grand sujet de peinture. Les raboteurs de parquet de G Caillebotte en 1875. Vieux souliers aux lacets, de Van Gogh montre l’usure des chaussures par le travail.

« Durant quatre ans, de 1931 à 1934 – juste avant les grandes manifestations du Front Populaire – François Kollar(1904-1979) parcourt la France d’est en ouest et du nord au sud, à la rencontre des travailleurs, des actifs » Il les photographie sur leur lieu de travail. C’est un témoignage inestimable sur cette période là.

Dans le port, à bord. Champlain : grattage du pont. Société des chantiers et ateliers de Saint- Nazaire Penhoët. Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), 1931. Photographie de François Kollar (1904-1979). Paris, Bibliothèque Forney. Dimensions : 6 x 6 cm

Claude Monet peint Les déchargeurs de charbon :

Cette scène montrant des ouvriers demeure atypique dans l’oeuvre de Monet. La Seine n’y est pas le fleuve gai où se déroulent des régates, mais celui qui charrie les péniches. Les berges ne sont pas bordées d’arbres, mais de cheminées fumantes. Les promeneurs du dimanche cèdent la place à des déchargeurs de charbon vidant les chalands – des péniches- afin de ravitailler l’usine voisine.

Certes, le tableau ne relève pas de la critique sociale : le point de vue distant privilégie le paysage urbain comme l’enregistrement d’un spectacle banal et quotidien. Mais les tons éteints, allant du vert au gris, donnent à la scène une atmosphère sourde. Les silhouettes à contre-jour, dépersonnalisées, disposées en files parallèles au rythme mécanique sur les passerelles, sont aussi une image de la tristesse de la condition ouvrière. Les figures sont fortement contraintes par le rythme de la composition : l’arche du pont impose sa masse, la grande oblique des péniches traverse la toile, tandis que les lignes des planches donnent une scansion particulièrement obsédante. L’analogie avec les estampes japonaises que Monet collectionnait, des vues d’Edo par Hokusai et Hiroshige, est indiscutable.

 

       

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