Confinement et culture

Fermeture des cinémas, des lieux culturels, repliement sur son petit espace domestique, rôle accru des écrans….La privation de culture vivante et de rencontres avec artistes et publics nous a contraints à revisiter notre rapport à la culture.

Une enquête Conditions de vie et aspirations (Crédoc) permet de noter des évolutions, voire des changements, dans les pratiques culturelles. Les consommations culturelles ont progressé, notamment audiovisuelles pour les seniors et les classes populaires, conclut Anne Jonchery, coauteure. Les pratiques culturelles apparaissent  moins clivées et certains écarts sociaux et générationnels se réduisent même pour nombre d’entre elles.

Que disent une spectatrice, des spectateurs ?

Pendant le confinement, le petit écran nous a sauvés de la réduction de notre imaginaire, parfois en l’absence de bibliothèque. Même si la télévision suscite un plaisir régressif à occuper son canapé plus longuement, les films, les séries, les émissions, que nous aimions habituellement, se sont enrichis de nouveaux titres. Mais aussi de captations de spectacles et d’opéras, de visites virtuelles au musée… C’était le temps des découvertes, à notre fantaisie et sans souci de hiérarchie. Le temps était pour nous !

Les sondages ont-ils raison d’affirmer que les Français montrent peu d’intérêt pour les revendications du secteur culturel ?  Mi-décembre les pancartes : «La Culture, nourriture essentielle» ou «L’art est une arme de construction massive» nous étaient familières, et des sympathisants manifestaient aux côtés de professionnels de la filière et d’étudiants à l’appel de la CGT spectacle sur la place de la Bastille à Paris. Le  Conseil d’Etat a rejeté, au nom des consignes sanitaires, le référé-liberté déposé pour exiger la réouverture des établissements culturels.

La fermeture prolongée au-delà du 7 janvier 2021 et ce jusqu’à nouvel ordre nous a abattus. Il n’est pas question évidemment de courir le moindre risque de contamination, ni pour soi, ni pour les autres : consignes drastiques, publics masqués et muets rassuraient.

Car la confrontation physique avec les autres et avec les œuvres  manque cruellement. Il nous est apparu, si besoin en était, que les émotions nées de la proximité étaient plus puissantes que les images.

La vie sans culture vivante,  composée de face à face, d’engagement réciproque, est-elle la Vie ? La culture d’écran est-elle apte à nous régénérer, voire nous métamorphoser ? Pierre Lemarquis, président de l’association L’invitation à la beauté, publie L’art qui guérit. Il explique dans Télérama (23 décembre 2020) que l’empathie esthétique avec une œuvre secrète la dopamine de l’élan vital, la sérotonine antidépressive, les endorphines antidouleur, ou encore l’ocytocine de l’amour et de l’attachement !

Pas besoin de recourir aux neurosciences pour vérifier que cette jubilation, née de la scène, repose sur le partage de l’émotion créatrice, et que sans elle, nous ne sommes pas vraiment nous-mêmes…

Isabelle Royer, présidente de l’association MCH

 

 

 

 

 

 

 

       

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