BISTROT CULTURE LUNDI 9 MARS 17H30/ BAR L’EPICERIE/ HÔTEL HILTON BORD DE MER
Nous étions une dizaine à notre précédent Bistrot culture. Et c’était enrichissant d’échanger sur les spectacles, films, expositions, rencontres !
Impossible de tout partager. Cependant, en « oubliant » le Festival Le Goût des autres, Carmen de François Grémaud avec Rosemary Standley au Volcan et Le chant des forêts de Vincent Munier et beaucoup d’autres découvertes., , nous nous sommes attardés sur Une enfance allemande de Fatih Akin, d’après les souvenirs d’enfance du cinéaste Hark Bohm.
« Pour comprendre,
l’historien doit parfois oublier
qu’il connait la fin ».
Patrick Boucheron
A la fin du IIIᵉ Reich, sur l’ île d’Amrum (« un personnage en soi »), au large de l’Allemagne, en mer du Nord. Nanning, un garçon de 12 ans, vit avec sa tante, ses frères et sœurs, et sa mère enceinte, ayant fui la guerre. Nous sommes sensibles à divers aspects, abordés avec le vécu et le regard de Nanning : le thème de la recherche de « pain, de beurre et de miel », (alors qu’on manque de presque tout) à la campagne, au plus près des animaux et de la nature, l’intégration par la langue (émigrés de Hamburg face au dialecte de l’île), l’hypocrisie des adultes, nazis, résistants, brutalité, humanité. La chute d’Hitler est un moment de bascule où certains dépriment, d’autres espèrent.

Les yeux de l’enfant- lui-même appartenant aux Jeunesses hitlériennes sans savoir vraiment de quoi il retourne – devenant adolescent, se dessillent peu à peu, il prend conscience de la société autour de lui, des positions des personnes qui l’entourent, fidèles ou opposants d’Hitler, et ses propres désirs face aux situations et aux personnes.
Nous partageons également notre ressenti devant la pièce Bérénice, de Racine, mis en scène par Guy Cassiers, artiste associé au Volcan, et les comédiens de la Comédie française.
Nous avons entendu avec émotion la langue de Racine, comme chuchotée à l’oreille, grâce aux micros HF..
Les choix de scénographie, de mise en scène ont déconcerté certains, conquis d’autres. Les scènes se jouent dans une antichambre, un espace de passage. Une énigmatique sculpture au centre du plateau composé de formes géométriques en partie modulables, évoque un buste de femme stylisé. Des créations vidéo et son (Jeroen Kenens) évoquent entre les actes des sortes d’orages de plus en plus intenses.
Les personnages sont dans un entre-deux, A Rome, pas d’impératrice d’origine étrangère ! Titus est le futur empereur : il voudrait tout, le pouvoir et l’amour. Antiochus désire Bérénice.
Un seul acteur, Jérémy Lopez, interprète Titus et Antiochus, comme leurs confidents respectifs. Les perceptions sont brouillées. Mais ce sont les deux faces d’un même personnage, divisé, et lâche. Comment se séparer ? La politique et l’intime s’opposent dans ce dilemne , mais dans ce triangle tragique, c’est le pouvoir qui l’emporte.
Face à ces deux hommes, Guy Cassiers montre une Bérénice, reine de Judée, ayant tout quitté pour suivre Titus, maintenant abandonnée, (oh Suliane Brahim et ce mouvement de tout le corps pour exprimer sa douleur immense !…) mais forte, centrée, volontaire.
Certains ont eu les larmes aux yeux. en écoutant ces vers célèbres :
« Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous, Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? Que le jour recommence et que le jour finisse, Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice, Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ? Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus ! »
Rendez-vous lundi à à 17h30 !
« Un trésor de savoir…ne s’amenuise pas
en se partageant.
Au contraire…il s’enrichit »
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