Les grands acteurs du spectacle vivant au Havre face aux restrictions sanitaires (Paris Normandie 10/1/2021)

Paris Normandie le 10/1/2021

Spectacles. Les lieux culturels ne sont toujours pas autorisés à accueillir du public durant le mois de janvier. Tour d’horizon des festivals et événements annulés ou reportés. Face à la crise, les scènes se réinventent.

Le Carré des Docks organise les reports de spectacles

Fermé depuis mars 2020, le Carré des Docks n’a rouvert ses portes que pour deux événements en octobre : le festival Octobre à l’ouest et le spectacle de l’humoriste Marc-Antoine Le Bret. « Deux dates qui nous ont fait du bien. Nous avons montré que nous pouvions organiser des événements en respectant les consignes sanitaires », affirme la directrice du lieu Véronique Chauveau-Lefebvre.

 Des tournées compliquées à organiser

Pour le moment, aucune date de réouverture au public n’a été annoncée par le gouvernement. « Comme l’ensemble de la profession, nous nous mobilisons pour reporter les événements. La situation n’est pas évidente. Les spectacles que nous programmons font partie de tournée. C’est un vrai casse-tête pour les programmateurs et les tourneurs », explique Véronique Chauveau-Lefebvre.

Tous les spectacles du Carré des Docks sont au moins annulés ou reportés jusqu’en février-mars. « Nous essayons d’optimiser les dates du second semestre 2021 ou de l’année 2022. Comme c’est le cas pour Gad Elmaleh », détaille la directrice.

  1. V.

Spectacles en vidéo à La Forge

À Harfleur, les fêtes de fin d’année ont pu être culturelles dans une certaine mesure. Pour L’Heure du conte, le Père Noël a été filmé en pleine lecture pour le bonheur des plus petits. De même, le concert du Nouvel An et un spectacle musical au pied des immeubles le 20 décembre ont été captés en vidéo et mis en ligne par la Ville. « C’était notre plan C pour ne pas tronquer les divertissements de Noël des Harfleurais », relève Thomas Carpentier, coordinateur culturel.

Quelques classes d’écoliers ont aussi profité de spectacles vivants avant les vacances scolaires, en très petites jauges, avec des séparations nettes entre chaque classe. Les maternelles ont ainsi pu voir les Histoires de la compagnie du Piano à Pouces, et les primaires ont visionné le film Le Grinch.

Pour la suite, comme ailleurs, le flou domine. « On se préparait à deux spectacles en janvier, les résidences sont décalées, les spectacles aussi », explique Thomas Carpentier. L’équipe de la Forge espère encore maintenir la semaine scandinave prévue en février ainsi que la fête de la Scie, déjà annulée en 2020.

Le Volcan se prépare chaque mois pour être au rendez-vous

La scène nationale du Havre ne s’est pas arrêtée avec la crise, le Volcan est resté ouvert aux artistes avec des répétitions et résidences. Actuellement, Alexandre Haslé pour Grouik ! et la compagnie Cordonnerie qui prévoit Ali Baba et les quarante voleurs pour les enfants et Ne pas finir comme Roméo et Juliette occupent les deux scènes. « La maison est habituée aux venues d’artistes, mais le couvre-feu n’aide pas, les trains peu remplis non plus. La somme de tous ces empêchements est monstrueuse, mais les artistes continuent avec la rage du désespoir », raconte Jean-François Driant.

Le directeur espère la fin du « stop-and-go », l’attente des décisions nationales toutes les 3 semaines. « On aimerait un calendrier. Chaque mois, on prévoit la réouverture, puis on annule. Cela mine le moral de tout le monde. Je ne sais plus quoi dire aux artistes et aux spectateurs. »

« On n’aura plus jamais 60 ans »

Jean-François Driant rappelle ces chiffres assez parlants : « Depuis septembre, 4 représentations ont eu lieu au lieu de 83 et 7 spectacles auraient dû être créés. » À ce décompte, il faut ajouter les 32 représentations impossibles suite aux annonces du 7 janvier. « C’est une saison complète annulée ou reportée », souligne le directeur.

Les spectacles dans lesquels le Volcan était impliqué plus spécifiquement sont reprogrammés, les autres sont annulés. « On espère reprogrammer les compagnies par la suite, mais ce sera sur d’autres spectacles », précise-t-il.

Au Volcan, la chute est d’autant plus rude que 2021 devait marquer les 60 ans de la Maison de la Culture. « Nous prévoyions deux saisons avec beaucoup de grosses productions, des créations, des artistes en première représentation avant des tournées européennes voire plus loin. Nous espérions revoir ceux qui ont foulé les planches du Volcan pendant toutes ces années, énumère Jean-François Driant avec déception. On n’aura plus jamais 60 ans ». Pourtant le directeur ne souhaite pas céder au désespoir. « Je reste optimiste, assure-t-il. Le vaccin est là ». Le Volcan se prépare donc à rouvrir ses portes au public en février, dans l’attente des déclarations du gouvernement le 20 janvier.

 Des innovations numériques

L’option du numérique, la direction s’en méfie. « Ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Si on la filme, ce n’est plus la même œuvre, elle devient celle du réalisateur, ce n’est plus le même œil. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de spectacle vivant. » Ce choix a pourtant été fait pour la pièce de Pauline Bureau, Féminines (visible sur le site de France TV) et pour le concert du pianiste Guillaume Vincent (à retrouver sur la page d’accueil du site du Volcan), en guise de cadeau de fin d’année. « C’est une façon de garder le contact mais ce n’est plus notre savoir-faire ni ce qui fait que le théâtre est le théâtre depuis plus de 2 000 ans », appuie le directeur.

Plutôt qu’une captation de ce qui aurait dû se faire, le Volcan préfère utiliser le numérique pour innover. Un festival inédit, qui n’existera jamais en réel devrait ainsi voir le jour. Il s’agira d’un festival de musique de chambre, tourné fin janvier. Les images seront montées et diffusées le mois suivant. Un beau projet qui devrait remotiver les équipes du théâtre comme les artistes impliqués.

Ce projet ne fait pas oublier l’objectif principal du théâtre en attendant la reprise. « On essaie d’être au rendez-vous du plan de relance de la profession, pour être prêts dès que l’on pourra ouvrir », résume Jean-François Driant.

Louise Boutard

Au Phare, on dansera quoi qu’il arrive !

L’équipe du Phare, centre chorégraphique national du Havre, ne se démobilise pas malgré la prise de parole de Jean Castex ce jeudi soir. Le Premier ministre a en effet annoncé que « les lieux culturels ne pouvaient toujours pas accueillir de public ». L’équipe a donc mûrement réfléchi sa décision. « Nous avions programmé une neuvième édition du 26 janvier au 6 février. Le festival de danse est annulé. Nous espérons pouvoir recevoir du public dans les mois à venir. C’est pourquoi nous avons donc décidé de reporter le festival à des dates ultérieures. Plutôt aux beaux jours », assure Mathilde Mahier qui gère la communication du lieu.

Le centre chorégraphique se préparait depuis plusieurs semaines à tous les cas de figure et a rebondi dès l’annonce faite par le gouvernement. Vendredi, l’équipe a contacté les troupes afin de savoir si elles avaient la possibilité de jouer leurs créations aux beaux jours.

 Des spectacles décalés, d’autres joués à huis clos

Pharenheit est un moment très important dans la vie du Phare. Cette édition faisait la part belle à sept créations. « Décaler le festival reste compliqué à gérer pour les compagnies. Celles qui ne pourront pas participer au festival à des dates décalées aux beaux jours seront accueillies sur la période prévue en janvier-février en résidence. Cela permettra aux artistes de poursuivre leur travail dans la continuité de leur tournée », ajoute Mathilde Mahier.

Dès le retour des troupes et compagnies de danses, le Phare enverra courriels, infolettres et distribuera des prospectus au public afin de l’informer de la nouvelle mouture du festival.

Infos pratiques : site internet pharenheit.fr. Tél. : 02 35 26 23 00.

Virginie Veiss

Au Théâtre de l’Hôtel-de-Ville et Petit Théâtre

Lors du premier confinement puis cet été, des résidences artistiques se sont tenues au Théâtre de l’Hôtel-de-Ville (THV), mais depuis, difficile de s’organiser car les spectacles sont déprogrammés au compte-goutte en fonction des annonces gouvernementales, sans aucune visibilité sur la suite. Le remboursement des places occupe beaucoup les équipes. Les compagnies amateures ne sont pas autorisées à occuper les lieux, mais les professionnelles pourraient y prendre place. Au Petit Théâtre, La Maison Kifailangle est en résidence.

L’exposition des œuvres du peintre Jean-Charles Delange, prévue du 16 janvier au 6 février est prête à être installée sous réserve d’un feu vert du gouvernement.

  1. B.

Le Tetris annule expo et concerts jusqu’à fin janvier

L’année 2021 aurait dû redémarrer au Tetris, salle de musiques actuelles au Fort de Tourneville, avec la présentation d’une exposition de Julie Aubourg, « Photosynthèse ». Elle devait se dérouler du samedi 23 janvier au samedi 27 février. Faute de pouvoir accueillir du public, l’exposition sera vraisemblablement reportée. Le concert prévu le vendredi 15 janvier, Al Qasar (rock) et Kal Asouf (musiques africaines), est également annulé, tout comme le concert de Benjamin Biolay qui aurait dû se dérouler au Carré des Docks le samedi 23 janvier.

En attendant de pouvoir à nouveau recevoir du public, l’équipe du Tetris accueille ce mois-ci des artistes en résidence, Les amis de Fantomus et Zaïba.

Le festival le Goût des autres sans public

Le festival littéraire Le goût des autres qui accueille chaque année des auteurs et des artistes qui célèbrent la littérature aurait dû se dérouler du 21 au 24 janvier. La Ville a décidé de maintenir l’événement aux mêmes dates, mais prépare une nouvelle version sans public, certainement en visio et avec la diffusion de podcasts. Les organisateurs sont en train de contacter les artistes pour leur proposer ce nouveau mode opératoire.

Louise BOUTARD et Virginie VEISS

 

       

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