75e édition du Festival d’Avignon

TRIBUNE

Faire des Festivals une réalité

Le 5 juillet sera déclarée ouverte la 75e édition du Festival d’Avignon et deux jours après ce sera au tour des théâtres du Off d’ouvrir leurs portes et d’un ensemble d’événements programmés concomitamment. Qui peut mieux qu’Avignon être le berceau de la renaissance culturelle tant attendue ? Celui du spectacle vivant, du rire et des rêves ?

Mais quelles conditions le gouvernement souhaite mettre à cette ouverture ?

Sans information sur ces conditions, ni même une date de diffusion de celles-ci, comment s’organiser ? La date du 15 avril semble l’ultime limite pour bien préparer les festivals. D’ailleurs, plusieurs festivals musicaux à l’instar d’Art Rock, de Main Square, de Beauregard, de Lollapalooza, de Garorock et des Eurockéennes de Belfort, ont jeté l’éponge.

L’heure tourne : il est temps d’agir !

Ensemble, relevons le challenge !

Nous savons ici, à Avignon, qu’il est possible d’éviter de transformer Avignon en un cluster géant. Comment ?

A l’heure où des tests sont organisés pour les concerts ou événements sportifs, rappelons qu’au mois d’octobre 2020, alors même que partout en France le taux d’incidence explosait, une semaine de festival a animé la ville, les théâtres étaient ouverts et cet événement a reçu un accueil favorable de la part de spectateurs en manque de spectacles vivants.

Le résultat fut clair : les mesures imposées par le gouvernement ont été parfaitement suivies et ont démontré leur efficacité : aucun cluster de Covid19 ne fut à déplorer.

Et depuis, tous sont à pied d’œuvre depuis des mois : acteurs, compagnies et théâtres, techniciens et institutions pour imaginer et mettre en œuvre les festivals d’été, portés par les promesses fortes de Mme Roselyne Bachelot, Ministre de la Culture, qui l’a réaffirmé le 9 mars au sein de l’Assemblée Nationale : « les Festivals d’été auront bien lieu ».

Rappelons qu’il n’existe pas à Avignon de théâtre ou de salle recevant plus de 5000 personnes. Ce sont donc principalement les rues qui pourraient être sujet à débat. Mais les solutions sont là : celles pour maîtriser les flux des festivaliers dans les rues d’Avignon ; pour faciliter le click & collect pour la restauration ; pour éviter les contacts entre les personnes, dans et hors les théâtres ; pour éviter toute contamination ; et même des solutions pour mieux tester et vacciner.

Comptons parmi ces solutions : la distribution de tests salivaires aux festivaliers, la présence de plusieurs espaces de tests, la mise en place de sens uniques de circulation, la prise de température des spectateurs à l’entrée des théâtres, la vaccination de l’ensemble des professionnels au plus tard en juin dans leurs régions, l’organisation stricte des spectacles de rue, l’interdiction de distribution des flyers, l’installation de plusieurs points de démonstration des compagnies. On peut aussi imaginer un protocole spécifique pour la restauration avec la mise en place de tables et chaises dans des espaces libres de la ville afin de favoriser le ‘Click & Collect’.

Du côté des vaccinations, le département du Vaucluse est en grande majorité un territoire rural, avec une faible concentration de population et fait toujours partie des départements avec le moins de décès. Grâce au dynamisme des institutions locales, un ‘vaccinodrome’ ouvre le 9 avril portant la capacité vaccinale du territoire à 19000 personnes par semaine. En parallèle, plusieurs centres de vaccination ont déjà ouvert et deux bus circulent pour vacciner dans les villages les plus isolés. Cette organisation, dans la droite ligne de la stratégie nationale, nous offre une vision sanitaire optimiste.

Plus largement, si le calendrier vaccinal annoncé par le Président de la République Emmanuel Macron est bien respecté, sachant que le premier objectif de 10 millions de primo vaccinés est en passe d’être atteint, on peut sereinement espérer que festivaliers et les professionnels du monde de la culture soient vaccinés d’ici l’ouverture du festival.

Avignon, une ode à la culture pour tous

Nous réclamons aussi le partage de la culture, avec les plus jeunes et les plus âgés, par la mise en place de dispositifs qui permettraient aux habitants du Vaucluse de profiter de l’intelligence et des émotions des spectacles donnés à Avignon. Il s’agirait d’offrir à des populations éloignées de la culture un ‘chèque culture’ pour venir découvrir une ou plusieurs pièces. Le théâtre pourrait aussi bénéficier d’un renforcement du Crédit d’Impôt Spectacle Vivant. Le plan de relance pourrait également bénéficier aux projets innovants, socialement responsables ou écologiques du secteur de la culture à travers un appel à projets spécifique au territoire du Vaucluse. Enfin, les Tiers-Lieux d’Avignon pourraient être mis à disposition des compagnies pour faire connaître leurs projets aux entreprises locales ; on pourrait même imaginer des rencontres afin de développer des partenariats : une entreprise, une compagnie (à l’instar de l’Industrie Magnifique de Strasbourg qui lie art et entreprise).

C’est cette envie d’apprendre, de ressentir, de partager et de rêver ensemble, mais avec responsabilité et sérieux, qui fait qu’aujourd’hui nous portons ce message. Il ne manque que cette nécessaire réunion de volonté économique, politique, sanitaire et sécuritaire, que nous appelons de nos vœux, acteurs locaux et nationaux, pour faire, par la réouverture des Festivals d’Avignon, le temps de la renaissance culturelle.

Une initiative de Souad ZITOUNI
Députée de la 1ère circonscription de Vaucluse

 

       

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