TRIMESTRIELS #2018 -LES EDITOS

TRIMESTRIEL N° 14 janvier 2018

Le plaisir du spectacle est éphémère et se dissout rapidement dans le flux de notre vie.

Michel Deguy, philosophe, poète, distingue la convivialité d’une soirée de spectateurs et l’art, le culturel et la culture, dans Vivaculture le 19 novembre sur Ouest-track.com.  Bien sûr, réaliser la médiation entre les artistes et les publics est nécessaire, comme l’a fait Georges Rosevègue, directeur de la MCH entre 1975 et 1984, auquel nous avons récemment rendu hommage.

Mais elle ne saurait faire oublier que la culture exige un effort individuel ou collectif, à partager, vers la connaissance et le savoir. C’est le sens de nos Apéros des spectateurs le 20 de chaque mois et de nos Grandes conversations : La ville-scène le 13 avril,  Ecrire l’Histoire le 31 mai. Plaisir et enrichissement réciproque des échanges !

La culture n’est pas hors-sol.  Michel Guerrin s’interroge dans le journal Le Monde du 1er décembre : où sont les femmes dans le monde de la culture ? Sur 52% d’étudiantes,  2 % de compositrices, 6 % de cheffes d’orchestre, 29 % de solistes instrumentistes, 27 % de metteuses en scène. Et puis seulement 12 % de femmes à la tête des théâtres nationaux, 18 % pour les centres chorégraphiques, 11 % des maisons d’opéra, 20 % des centres dramatiques, 28 % des scènes nationales.

Le constat est désespérant. Pourtant, le monde se porterait mieux si ce chantier progressait : il a été entamé depuis plus d’un siècle ….Isabelle Royer

TRIMESTRIEL N°15 AVRIL 2018

En titre de ce journal, le nom de notre association : « Association Maison de la culture du Havre ». La Maison de la Culture du Havre elle-même a été fondée en 1961. C’est Malraux qui introduisit des représentants du public au conseil d’administration des Maisons de la culture. Depuis 2009 où le Volcan est devenu un « Etablissement Public de Coopération Culturelle », nous sommes une association qui agit activement, fidèle aux valeurs originelles de démocratie culturelle.

Nous avons édité deux ouvrages sur l’histoire de la MCH, nous rédigeons des articles, nous organisons des rencontres et des débats. Nous portons un regard et une parole construite sur les spectacles proposés par les professionnels, et les enjeux de la culture aujourd’hui.

Les spectateurs sont parfois déroutés par la lecture du monde par un auteur vivant.  Des spectacles très différents comme Les particules élémentaires de Michel Houellebecq par exemple, mis en scène par Julien Gosselin, ou Democracy in America de Roméo Castellucci,  divisent le public. Castellucci confie en mars 2016 à propos d’Alexis de Tocqueville : « Il fut le premier à noter les zones d’ombre qui obligent à nuancer l’idée selon laquelle la démocratie serait le système politique idéal. »

Retrouvez l’article de Catherine Désormière sur le spectacle de Castellucci dans La Rubrique des spectateurs sur notre site.

Ceux qu’on appelle les « classiques », nous offrent les visages familiers des auteurs du passé.  « Il y a du sens dans la tradition, la répétition, les choses connues…» pense  un des personnages de Roger Jon Ellory, entendu au festival Le goût des autres, dans Les assassins. Oui.

Mais ce sont des artistes de ce siècle qui se sont emparé de ces textes, ils y ont entendu des vérités d’aujourd’hui. Au théâtre, écrit Hélène Cixous, le temps est au présent.

La culture est découverte. Elle est la nouveauté, l’inconnu. Peut-être nous sort-elle de notre zone de confort pour notre plus grand bien…Isabelle Royer

TRIMESTRIEL 16  OCTOBRE 2018

Nous sommes tous des autodidactes de la culture.

Pour nos pratiques artistiques et culturelles, les inégalités perdurent, mais l’ambition politique dans le domaine culturel s’est rapprochée des habitants. L’apprentissage se fait seul, parfois suscité par les médias, encouragé par les professionnels et joyeusement porté par les amitiés nouées autour des scènes. Ecoutez Viva Culture sur Ouest-track.com pour partager nos découvertes de spectateurs ! De la déception à l’enthousiasme, nous faisons notre propre chemin, d’après notre histoire et  nos rencontres.

Les enfants, poussés par la curiosité, s’approprient tous les jours de nouveaux mots avec une jubilation visible et le sentiment d’être « maîtres du monde », ainsi que le déclare, en cette rentrée, Amélie Nothomb. Les mots perdent leur sens à force d’être maniés sans pensée, les ailes de chacun en sont coupées.

La réalité semble côtoyer à longueur de journée l’ineptie et la propagande. Evoquant les fake news et quelques évènements stupéfiants de l’actualité de notre monde, Salman Rushdie nous rappelle que « l’idée que toute société se fait de la vérité est le produit d’une lutte » et que « la fiction a toujours très bien su élaborer entre l’auteur et le lecteur un accord sur ce qu’est la réalité. » Nous sommes « au milieu du champ de ruines de la vérité ». L’écrivain appelle les artistes à « reconstruire ». Leur rôle est de nous offrir un miroir de la réalité à l’aide d’une langue nouvelle.

Et c’est un peu du monde que nous comprenons grâce aux artistes, c’est à sa complexité que nous faisons face. Le metteur en scène Antoine Vitez affirmait la liberté de l’artiste et l’importance politique de la scène comme « laboratoire de la langue et des gestes de la nation ». Il ne craignait pas de « gifler le goût du public ».

Nous qui lisons ces livres, qui entrons dans ces théâtres, ces cinémas, ces musées, n’attendons pas du familier, du recuit.  Oublions la tiédeur !

Les festivals de l’été nous ont vivifiés, nous attendons avec gourmandise la saison qui commence. Isabelle Royer

 

       

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