Julos Beaucarne nous dit bonsoir

Le musicien s’est éteint le samedi 18 septembre à Beauchevain, commune de cette Wallonie qu’il avait aimé et chanté. Amoureux des mots, il avait publié 49 albums illustrant son engagement humaniste et écologique. Il avait 85 ans.

Alexis Dendieviel, musicien,  lui rend hommage :

A deux jours de l’automne que j’aime particulièrement, j’apprends l’envol vers les Galaxies d’un poète chansonnier que j’aimais particulièrement. Julos Beaucarne nous a quittés, et pour tout dire il restera dans mon coeur comme au premier jour, il fait partie de ces raretés humaines qui ont façonné mon être et ce que je tente de faire en art aussi. Une poésie simple, belle et évidente, une douceur humoristique, la musique acoustique, et l’arc en ciel comme étendard bien avant tout le monde dans un regard sur le monde d’une bienveillance même, non sans espièglerie J’ai des musiques à lui aux oreilles souvent, dans le coeur l’instant d’un concert pure merveille, je lui avais écris il m’avait répondu, tranquillement. En ces temps d’infimes importances, je me dis que c’est en vélo volant qu’il a du s’envoler dans les vents qu’on croque avec les dents. Julos nous dit bonsoir et tout à l’heure déjà repart …

Alors je questionne l’année passée, création à foison comme une boulimie, l’album « 4 saisons du coeur » voulu comme engagé, ainsi qu’une symphonie, le recueil « contes à rebours » qui demandait à naître, une musique de spectacle, de la prod pour d’autres, le piano voix régulier qui avance et nous irrigue de cette onde magnifique qui transperce l’espace temps, 9 muses au pinceau comme une nécessité, et l’opéra d’Orphée qui s’invite doucement..

Aujourd’hui, je laisse la parole à Julos Beaucarne, qui m’a tant apporté:

« L’histoire se passe dans le nord de l’Inde
Un swami, un maître, se promène avec ses trois disciples dans le jardin somptueux de l’ashram de la communauté
Ils écoutent les oiseaux des Indes qui chantent dans les arbres des Indes
Et ils entendent dans le lointain les chœurs des moines bouddhistes qui répètent inlassablement le Om traditionnel et pacificateur
Le swami, le maître, se promène avec ses trois disciples dans le jardin somptueux de l’ashram de la communauté
Ils regardent pousser les pissenlits
Ils regardent pousser les radis
Ils regardent pousser les salsifis
Ils regardent les poires conférence qui poussent sur les poiriers conférence
Et les pommes golden delicious qui poussent sur les pommiers golden delicious
Et, par terre, les pommes de terre, les frites sauvages
Et tout à coup, ils s’arrêtent devant un carré de salades et qu’est-ce qu’ils voient ?
Une limace vorace en train de dévorer une belle feuille de salade
Ce que voyant, le premier disciple, n’écoutant que son courage et avec la plante de son pied et d’un coup sec, écrase la limace
Le deuxième disciple se tourne alors vers le maître et lui dit dans une violente colère
« Regardez, Maître, ce qu’il vient de faire
Il vient d’écraser une créature de Dieu
N’est ce pas un crime, n’est-ce pas un péché ? »
Et le maître lui répond « Tu as raison, mon fils »
Le premier disciple se défend, il dit
« Mais enfin, Maître, si j’ai écrasé cette limace, ce gastéropode non encoquillé
C’est qu’il était en train de manger notre dîner !
N’ai-je pas bien fait ? N’ai-je pas eu raison ? »
Et le maître lui répond : « Tu as eu raison, mon fils »
Le troisième disciple, qui jusque alors n’avait rien dit, se tourne alors vers le maître et lui dit
« Mais enfin, Maître, ils disent tous les deux quelque chose de contradictoire
Ils ne peuvent pas avoir tous les deux raison. Ai-je raison ? »
Et le maître lui répond : « Tu as raison, mon fils »

 Peace, au plaisir des news dans le monde des vivants

Alexis Dendieviel

 

 

       

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