“Une parole sincère, brute, rare, vivante et pleine de pudeur”…

(…)
Il suffit de jeter un œil sur la liste des films (de société ou de guerre)
sélectionnés au dernier Festival international de programmes
audiovisuels (FIPA) – qui s’est tenu du 24 au 29 janvier à Biarritz – pour mesurer l’importance du documentaire de témoignage.
 
« Parler est un engagement. Il y a quelque chose de très beau et de très grand dans l’affirmation d’un droit en faisant simplement le choix de témoigner à visage découvert : c’est un acte, tonne Fabrice Puchault, directeur de l’unité société et culture d’Arte France. Leur témoignage est une revendication. »
Justement, lorsqu’il était directeur de l’unité documentaire de France 2, il a multiplié, dans la case « Infrarouge », les « films manifestes » politiquement très engagés comme Homos, la haine (réalisé par Eric Guéret) dans lequel neuf victimes d’homophobie se sont confiées.

 
« Nous voulons laisser de la place aux regards, aux silences, aux doutes,
à l’émotion et surtout à la parole pour qu’elle s’étire » Caroline Behar  directrice de l’unité documentaires de France (…)

“Les gens entrent en empathie avec les témoins, car ils entendent une parole sincère, brute, rare, vivante et pleine de pudeur. Tout le film repose sur le choix des personnages. »

 

(…) France 5 a ainsi ­remodelé sa case sociétale du mardi soir, « Le Monde en face », et propose désormais des films plus longs qui sont passés de 52 à 70 minutes. « Nous voulons laisser de la place aux regards, aux silences, aux doutes, à l’émotion et surtout à la parole pour qu’elle s’étire », précise-t-elle. La chaîne a, récemment, diffusé Harcèlement sexuel, le fléau silencieux, d’Olivier Pighetti, ou Devenir il ou elle, de Lorène Debaisieux, consacré aux jeunes transgenres ; d’autres sujets sont à venir.(…)

Le mieux est de rencontrer des personnages qui « se trouvent à un moment de leur vie et de leur histoire où ils ont profondément envie de parler, explique Thierry Demaizière. Et quand on arrive à ce moment précis, c’est d’une grande puissance, c’est invraisemblable. » Avec son comparse ­Alban Teurlai, ils ont réalisé le magnifique film Troufions (France 2), qui donne la parole à cinq soldats qui étaient en Algérie comme simples appelés. Ces hommes n’avaient jamais raconté cette guerre, pas même à leurs enfants. « Et avant de mourir, ils voulaient parler.C’est la force de la parole, ils témoignent comme si c’était hier. Plus on touche au personnel, plus on arrive à l’universel », se rappelle-t-il, citant Marguerite Duras.(…)

Producteurs et réalisateurs soignent, également, l’image pour qu’elle soit un « écrin », afin, disent-ils, de « mettre en valeur la parole ».

Ces documentaires de témoignage sont à l’opposé de ceux dans lesquels le journaliste se met en scène et qui font la part belle aux commentaires. Pour des films portant sur des conflits ou des guerres civiles, les personnes qui témoignent peuvent exiger l’anonymat par peur de représailles. (…)Mais entre le réalisateur et le témoin s’établit un contrat moral dans lequel chacune des parties respecte sa parole…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/01/28/des-mots-qui-engagent-et-liberent_5070462_1655027.html#iljigOeRqoM8uoCL.99

       

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