Toxic, graffeur, parle de son ami Jean-Michel Basquiat

 « Avec Basquiat et Rammellzee, nous étions les “Hollywood Africans” »

Torrick Ablack, alias Toxic, est né en 1965 dans le sud du Bronx, New York. Il vit entre Paris, New York et Monte Carlo. Il est considéré comme l’un des pionniers du graffiti américain au début des années 80.

L’artiste  fut un proche de Jean-Michel Basquiat. Nous avons visité avec lui la rétrospective à la Fondation Louis Vuitton.

« Je ne savais pas vraiment ce que faisait Jean-Michel Basquiat, il m’a dit qu’il était peintre, et il m’a proposé de revenir le lendemain. C’était la première fois qu’un artiste s’intéressait à ce que je faisais.

Quel était son rapport au graffiti ?

Il était fan ! ll avait beaucoup de respect pour les graffeurs, c’était incroyable. Lui disait qu’il n’était pas graffeur. Il taggait dans la rue en écrivant des messages politiques sous le nom de SAMO. Du graffiti, il gardait la bombe aérosol pour ses toiles, il avait cette connexion avec la rue. J’ai découvert tout ça en voyant son travail, en parlant avec lui. Il m’a incité à peindre sur toile et à gagner ma vie plutôt que de risquer la prison en peignant des trains. Il m’a expliqué beaucoup de choses sur le monde de l’art, les expos….

Au début des années 1980, il faut se rendre compte qu’il n’y avait pas d’artistes noirs dans les galeries et les musées aux Etats-Unis, c’était très rare. On voulait changer ça. Avec Jean, Rammellzee, Dondi, A-One, on en parlait beaucoup….

Le graffiti était encore quelque chose de nouveau à ce moment-là ?

Ce qui était nouveau, c’est qu’il entre dans les galeries ! Et à Los Angeles, nous étions une curiosité, les gens étaient étonnés de voir de jeunes artistes noirs et nous posaient des questions stupides, comme « Pourquoi as-tu choisi l’art ? » Est-ce qu’on demande à un musicien pourquoi il joue ? Il faut se rendre compte que cette époque était très raciste. Nous étions ceux que la police arrêtait pour vandalisme….

Vous l’avez vu peindre beaucoup des tableaux qui sont ici ?

Oui, j’ai beaucoup de souvenirs liés aux toiles….A un moment, il n’avait plus d’assistant, et il m’avait demandé de l’aider : il fallait trouver des portes en bois dans la rue, les rapporter à l’atelier, mettre des tasseaux, des gonds, coller des dessins, peindre les fonds. Les choses ne sont pas droites : on mettait de la colle quand on n’avait pas de clous !

Emmanuelle Jardonnet

Toxic a également fait parti des 150 artistes internationaux présentés au Grand Palais lors de l’exposition TAG organisé par Alain Dominique Gallizia en mai 2009 à Paris. Plus récemment il  a participé à l’accrochage street art à Matignon en compagnie de l’ancien premier ministre Jean Marc Ayrault et de son épouse Brigitte.

       

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