Télévision : méfions-nous des enquêtes menées par certains magazines !

Sur plusieurs chaînes de la TNT, les magazines d’enquête vendent très grossièrement des sujets anxiogènes. Avec une certaine audience mais pour quels résultats ?

Le saviez-vous ? « Elle bat tous les records ; des accidents terribles en série ; un nombre de morts exceptionnel ; 120 décès en huit ans ! Elle est devenue la route la plus dangereuse de France. Elle s’appelle la RCEA, pour Route Centre-Europe-Atlantique. » (…)

Pendant une heure et vingt-six minutes (exactement), les caméras de ce magazine d’enquête diffusé sur TMC (groupe TF1) filment différentes infractions, suivent le travail de la gendarmerie et des pompiers, avec une musique pétaradante. Se succèdent des images chocs, trash, pour cette « enquête exceptionnelle dans le centre de la France » (quoiqu’on n’observe rien d’exceptionnel sur la violence routière), avec notamment des routiers qui ont « des mots qui font froid dans le dos ». Ni distance ni analyse. Mais difficile de faire peur davantage, au bout de longs râles plaintifs, avec quelques relents d’accusation. (…). On n’exagère jamais assez. In fine, le téléspectateur oscille entre le poids des mots et le choc des photos. « 90’ Enquêtes » est présenté ainsi par TMC : « Dans la lignée des grands magazines d’information, [il] est le leader incontesté de la TNT. Chaque semaine, une grande thématique est abordée, touchant les principaux sujets de préoccupation des Français. »

Ces sujets de préoccupation ? L’intitulé des numéros donne le parti pris éditorial : « Agressions, cambriolages, trafic de stups : alerte rouge sur le Languedoc » ; « Stups à Nanterre : à la poursuite des trafiquants » ; « Saint-Denis : au cœur des quartiers chauds du 9.3 » ; « Marseille : comment stopper la violence ? » Orienté ? À peine ! On aura apprécié l’art de la ponctuation et des deux points : on va vous expliquer (à notre manière, faudrait-il ajouter). Sur Fox news, la « no go zone » n’a pas fait mieux. Dans un genre largement développé sur la TNT, à moindre coût et lourdement rediffusé, le magazine réunit tout de même près de 700 000 téléspectateurs. Autant qu’un autre programme d’enquête, sur NRJ12, présenté par Jean-Marc Morandini, « Crimes ». Un mag déconseillé aux moins de 10 ans, qui « propose de revenir sur trois faits divers » survenus dans le même coin. À l’appui, une personnalité (journaliste, avocat, écrivain) qui apporte son regard « sur la criminalité de la région ». C’est une fille qui disparaît « mystérieusement à la sortie de son travail », un meurtre dans un bar-tabac, un prédateur sexuel en scooter.

Des drames reconstitués par bribes, mis en scène grossièrement, avec une caméra subjective, entre noir et blanc et sépia, et sur lesquels domine toujours une musique anxiogène.(…) Mais « Crimes » revendique cependant donner « la parole à ceux qui ont souffert, qui souffrent encore et qui se battent pour que justice soit faite ». Parce que, c’est bien connu, on n’incarcère jamais assez, et la justice, trop laxiste, ne fait pas son travail.(…)

À regarder ces magazines sur la TNT, visant les ressorts affectifs, l’effet d’identification dans le fait divers, grossissant les traits, la France a toujours peur. Faut-il s’étonner, alors, que, selon la dernière étude sur les « fractures françaises » réalisée par Ipsos et Sopra Steria, 52 % des Français se disent favorables à un retour à la peine de mort ?

A propos de l'auteur

Présidente de la MCH

Rubrique des spectateurs

 
  Smart factory, la fabrique d’œuvres d’art, au Tétris Il resta silencieux pendant un long moment Il se tut pendant un moment Il était
            Il est des fictions qui rassemblent toutes les générations, et cela sur plusieurs années. Le Prisonnier, série télévisée de
Depuis le 8 mars, le Musée d’Art Contemporain de Lyon, présente une gigantesque exposition sur deux étages, où les travaux de 34 artistes, des
  On peut aimer les musées silencieux et pouvoir arpenter leurs salles en compagnie paisible et recueillie. On peut aimer se sentir seul devant les œuvres,
L’échange est essentiel pour faire découvrir et aimer l’art aux publics qui n’y ont pas accès.
Amener La Joconde à Sevran, au milieu des HLM ? C’est l’un des buts de la Micro-Folie, un musée numérique implanté dans le quartier des Beaudottes en janvier 2017.
La meilleure façon de décrire le « jeune cosmopolite esthétique » que nous avons rencontré, c’est de dire qu’il est à l’aise partout.
Manga, pop coréenne, série islandaise… Grâce à Internet, les moins de trente ans s’approprient librement une culture désormais mondialisée. Ce qui enrichit leur identité, selon

La MCH sur Facebook

 
Nos bons plans
sur notre sélection de spectacles ...
Coups de coeur
Les événements à ne pas manquer...
J'adhère à la MCH
Téléchargez le bulletin d'adhésion ...
Créer un profil
pour soumettre mes événements ...