Shiro Takatani – ST/LL- C’était au Volcan les 12 et 13 avril –

Shiro Takatani

 

Sur un plateau nu, on ne voit d’abord qu’une longue table, dressée pour plusieurs convives. Plongée dans une semi-obscurité, elle est orientée vers le fond de la scène où, dans son prolongement, un écran s’ouvre, comme une porte étroite, sur un brouillard laiteux. Un homme arrive côté jardin et c’est alors que l’on comprend que la scène est un bassin rempli d’eau. Le clapotis des pas de l’homme, qui va et vient, porte une chaise, en déplace une autre, rythme son action. Trois femmes entrent et vont s’asseoir autour de la table. Alors, une sorte de rite s’engage et c’est ainsi que s’installe le charme de ce spectacle, ce ballet, ce poème.

Still, de Shiro Takatani, est une pièce énigmatique qui commence lentement, silencieusement, où quatre personnages se meuvent comme dans un rêve répétitif de gestes retenus et inaboutis. La symétrie règne – l’alignement des assiettes, des verres, des couverts, deux femmes assises face à face qui sont comme le miroir l’une de l’autre – mais bientôt cet ordre se délite. L’écran de brume s’anime et l’on y voit une chorégraphie de plats, fourchettes, soucoupes, noir sur blanc…

Plus tard, se déchaîne une sorte de chaos, une apocalypse, une guerre où les sons assourdissants évoquent une dislocation. Puis c’est une danse avec l’élément liquide, joyeuse, enfantine. Danse d’ombres découpées qui semblent bientôt se refléter sur le fond vertical de l’écran video, comme sur un miroir dérangé, où les personnages réels se mêlent et se confondent à leur double décalé qui leur échappe, sorte d’esprit aérien…

Succédant à une brume fugitive, une ballerine entame une danse presque statique dans une lumière crépusculaire, l’eau pour partenaire. Au fond, bientôt, une mer calme apparaît, nous sommes sur un rivage qui se reflète et se prolonge sur le plateau.

Les personnages reviennent sur scène, ils replacent des chaises… C’est un moment semblable à celui du début, tout peut recommencer. Différemment. Le spectacle est fini mais dans la dimension de Shiro Takatani, les choses semblent devoir durer sur le fil du temps, hors du nôtre.

A l’impossible tentative de raconter l’inexprimable d’un spectacle magnétique traversé d’images fluctuantes, soutenu par une musique tantôt douce tantôt fracassante, il reste à dire ce que l’on a cru y voir et ressentir : le sort de l’individu, captif du temps à l’œuvre, parfois pris dans une sorte de lent écoulement ou bien entraîné dans un maelström, soumis à la métamorphose incessante du monde qui lui échappe et qui continuera sans lui.

 

 
       

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