Restons-nous d’éternels enfants ? C’est l’inquiétude du grand réalisateur Fellini

Amarcord signifie en romagnol “je me souviens”

Fellini ne souhaite pas que l’on comprenne son film comme autobiographique et se défend de s’être inspiré de sa jeunesse pour créer le personnage de Titta. Au contraire, il dit avoir voulu dépeindre le fascisme italien, mélange de province et d’adolescence. Dans le même temps, il parle du fascisme psychologique du film et refuse d’affirmer que ce fascisme est historique. Comment comprendre toutes ces affirmations en apparence contradictoires ? Et si, pour saisir Amarcord, il fallait conserver ensemble les deux termes de l’opposition ?

« J’ai l’impression que fascisme et adolescence continuent à être, dans une certaine, des étapes permanentes de notre vie en Italie : l’adolescence, celle de notre vie individuelle ; le fascisme, celle de notre vie nationale. Nous avons tendance à rester d’éternels enfants, à nous décharger de nos responsabilités sur les autres, à vivre avec la confortable sensation qu’il y a quelqu’un qui pense pour nous ; tantôt c’est la mamma, tantôt le père, tantôt le maire, ou le Duce, ou la madone, ou l’évêque, en somme toujours les autres.

Entre temps, on n’a d’autre liberté que celle de cultiver des rêves ridicules, le rêve du cinéma américain, ou celui du harem oriental. Ces mythes, toujours semblables et monstrueusement inactuels, me paraissent aujourd’hui le plus grave instrument de conditionnement de l’Italien moyen. Et il semble que cela remonte bien avant le fascisme, que la responsabilité de cet arrêt au stade de l’enfance incombe à l’Eglise catholique. En vivant sous cette sorte de cloche, chacun tend à développer, non pas des caractéristiques individuelles, mais des traits pathologiques. C’est le sens précis de la scène de la visite du « federale ». » Entretien de Federico Fellini par Valerio Riva au sujet d’Amarcord

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/philosopher-avec-fellini-44-amarcord

       

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