Rencontre débat : « Apprendre à philosopher, apprendre à vivre »

 Auditorium du Monde, 80, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13e. Métro : Glacière ou Corvisart. Mardi 15 mars, de 18 h 30 à 20 heures, suivi d’un cocktail. 

Cynthia Fleury :  L’une des plus fondamentales transformations intérieures est celle-là même de la philosophie : être philosophe, c’est d’abord s’étonner, non pas être sage ou sachant, mais apte à l’émerveillement, capable de saisir l’inénarrable essence des choses.

Roger-Pol Droit :  Socrate met en garde, notamment par cette phrase : « Il y a un bien plus grand danger dans l’achat des connaissances que dans celui des nourritures. »(…)
A la réflexion, cette curieuse remarque entraîne des conséquences considérables. Elle fait comprendre que nous vivons d’idées autant que d’aliments. Certaines convictions et faux savoirs sont toxiques, pourris, voire mortels. Un tri s’impose donc, une diététique aussi. Ce sera l’exercice de la philosophie, qui permet de ne pas avaler n’importe quoi, d’éviter l’intox.

Patrice Maniglier :  Platon n’a pas seulement ouvert la plupart des grandes questions philosophiques. Il a inventé le personnage du philosophe. Non que Socrate soit ce précurseur drapé des manuels de self-help qu’on a trop voulu nous vendre ces dernières années. Il ne s’agit pas de s’occuper de soi ; il s’agit de donner un visage au genre de puissance que cet exercice singulier, la philosophie, met en œuvre dans le monde. Socrate rend la philosophie visible du dehors, du point de vue de ses effets.
Son programme est simple : montrer qu’un monde qui se laisse affecter par le souci de la vérité est meilleur. Or, il se peut que jamais, dans l’histoire récente de l’Occident, nous n’ayons eu autant besoin qu’aujourd’hui de réactiver cette figure. Car nous sommes dans un monde qui, à la fois, a fait d’une certaine prétention à la rationalité son mythe originel (les Lumières) et n’a peut-être jamais témoigné autant de mépris pour l’exercice du savoir (…)

D’où l’urgence de montrer non seulement que penser peut être autre chose que « défendre ses opinions », que ça peut être s’inquiéter de la vérité, mais encore qu’une telle attitude rend la vie meilleure : non pas parce qu’on est plus efficace, mais parce que le seul fait de se trouver réfuté, de découvrir qu’on a eu tort, accroît notre sentiment d’exister – on respire mieux.
Quand on dit « vérité », on imagine quelque chose de fixe et indiscutable. Mais la vérité du Socrate de Platon est plutôt comme une fêlure, une distance, un aiguillon : manière de ne pas adhérer tout à fait à ce que nous pensons, faisons, et de faire de cet écart à soi quelque chose de supérieurement plein. Un goût des questions.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/03/08/tous-heritiers-de-platon_4878871_3260.html#AwUKeBIh5ILViP7X.99

Le Monde vous ¬convie à un débat avec Cynthia Fleury, Roger-Pol Droit, Raphaël Enthoven et Patrice Maniglier, animé par Jean ¬Birnbaum, ¬responsable du « Monde des livres » et parrain de la collection « Apprendre ¬à philosopher ».
Auditorium du Monde, 80, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13e. Métro : Glacière ou Corvisart. Mardi 15 mars, de 18 h 30 à 20 heures, suivi d’un cocktail.
Inscription par courriel à l’adresse sdl@lemonde.fr, dans la limite des places disponibles.

       

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