Pourquoi les ultra-riches cherchent-ils à devenir encore plus riches ?

Comment une histoire de chimpanzés pourrait-elle réussir à nous expliquer pourquoi les femmes sont si peu représentées parmi les dirigeants d’États ou d’entreprises ?
 
Ou pourquoi les ultra-riches cherchent à devenir encore plus riches alors que leurs besoins matériels sont satisfaits pour des générations ? Ou encore pourquoi on évoque toujours les grands chefs, les « leaders »… jamais les multitudes qui les ont aveuglément suivis ?
C’est que pour nous, humains, il est difficile d’admettre que, comme nos cousins, nous sommes avant tout des animaux sociaux. Et encore plus difficile d’admettre que, parmi les humains, il y a, par essence, des dominants… et des dominés. Le sujet est tabou.
Pourtant, les autres animaux s’en sortent généralement très bien.
Alors, que s’est-il passé pour que nous en soyons arrivés à une domination exclusive et abusive de quelques puissants sur une multitude de plus en plus affaiblie ? Des châteaux-forts du Moyen Âge aux gratte-ciel de la mondialisation, cet ouvrage propose une vision à la fois neuve et évidente de l’histoire occidentale.

Et de quoi réfléchir à la suite…(édition Le Pommier)

 
Penseur atypique, Eyal Jonas s’est frotté, loin du sérail académique, aux grandes forces à l’œuvre dans notre société contemporaine : les forces du capitalisme et de la mondialisation.                                                                  
 
Dans Le Monde :

Si on s’en tient aux premières lignes, on pourrait penser que le livre Et les chimpanzés prirent l’ascenseur, d’Eyal Jonas, n’est qu’un anodin traité sur les primates.

Mais que viennent faire alors Pierre Bourdieu et Emile Durkheim en épigraphe ? (…)

« Comme chez tous les grands singes, la société chimpanzée est divisée en classes, avec la particularité que le dominant est toujours un mâle ; le dominant n’est pas nécessairement le plus puissant de tous, néanmoins son ascendant sur ses congénères doit être suffisamment fort pour les empêcher de ravir sa place. »

Il est moins question ici de singes que de hiérarchie sociale et de domination masculine : en s’appuyant sur les chimpanzés, Eyal Jonas propose une vision claire et étonnante de l’histoire occidentale. Ainsi, cette société de primates où la concurrence commerciale devient « l’expression de la lutte pour la domination sociale à travers la lutte pour l’enrichissement personnel », où le travail est une valeur sociétale permettant la préservation et la perpétuation de l’espèce, n’est pas sans rappeler notre propre société.

« Alors que nous reconnaissons les mécanismes de hiérarchie sociale chez les animaux et chez nos plus proches cousins, les chimpanzés et les bonobos (…), il est bien difficile de dénicher de la littérature scientifique qui explore le sujet chez l’humain », constate Eyal Jonas. Comment accepter, en effet, qu’un comportement animal puisse à ce point régenter nos vies individuelles et sociales ?

L’objectif de l’ouvrage est justement de lever ce tabou. « Domination et servitude ne sont pas des maux contre lesquels lutter, elles sont propres à notre espèce, à tous les animaux sociaux. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont, tout simplement. Il s’agit donc moins de les combattre que de les connaître et de savoir les réguler. »

Et les chimpanzés prirent l’ascenseur, d’Eyal Jonas (Le Pommier, 96 pages, 12 euros).

  • Margherita Nasi
    Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/emploi/article/2016/11/30/domination-et-servitude-volontaire-sujets-tabous_5040822_1698637.html#1xuQvIrsRxKHZxlJ.99

       

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