Picasso primitif, au Musée du quai Branly

Quels liens Picasso a-t-il entretenu avec les arts non-occidentaux ? Traitée à de multiples reprises, la question a pourtant longtemps été éludée par l’artiste lui-même. Décryptage d’une relation faite d’admiration, de respect et de crainte.

« L’art nègre ? Connais pas. » C’est sur le ton de la provocation que le peintre, sculpteur et dessinateur andalou s’efforcera de nier sa relation avec l’art extra-européen. Pourtant, et comme le montre sa collection personnelle, les arts d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et d’Asie n’auront cessé de l’accompagner, notamment dans ses différents ateliers. En témoignent les documents, lettres, objets et photographies réunis dans la première partie de l’exposition, traçant selon un parcours chronologique, les intérêts et curiosités de l’artiste vis-à-vis de la création non-occidentale.

Dans une seconde partie plus conceptuelle, Picasso Primitif propose une mise en regard des oeuvres de l’Andalou avec celles des artistes non-occidentaux, en s’appuyant davantage sur une anthropologie de l’art que sur le constat de relations esthétiques. Le face-à-face qui en résulte dévoile les questionnements similaires auxquels les artistes ont dû répondre (les problématiques de la nudité, de la sexualité, des pulsions ou de la perte) par des solutions plastiques parallèles (la défiguration ou la déstructuration des corps par exemple). Le primitif ne s’entend alors plus comme un stade de non-développement, mais comme l’accès aux couches les plus profondes, intimes et fondatrices de l’humain.

28 mars 2017 / 23 juil.2017

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http://www.fipradio.fr/sortir/concert/phuphuma-love-minus-au-musee-du-quai-branly-27402

       

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