PAUL AUSTER, écrivain – 10mn chronique, dans l’émission Viva culture, émission de la MCH, sur Ouest Track radio

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Le 21 janvier, s’achevait la 7e édition du festival Le goût des autres, consacré cette année aux littératures New-Yorkaises. L’invité d’honneur était Paul Auster.

Dans son dernier livre, intitulé 4 3 2 1, Paul Auster raconte l’histoire d’un homme. Ce pourrait être un sujet très banal si au détour d’une page, ce récit d’une vie ne se démultipliait en plusieurs variations : que serait-il arrivé si ?
Nous nous sommes tous déjà posé la question : que serait-il arrivé si un seul fait avait été différent dans notre existence, si nous avions pris à un certain moment telle ou telle décision ? Chaque événement nous oriente vers des voies diverses. Ce sont des rencontres, des accidents où le cours de l’histoire. Paul Auster joue de cela. De toutes les possibilités que la vie pourrait nous offrir. 
Dans un court texte de 2002, intitulé :  Note du traducteur il écrit , évoquant sa période d’études à Columbia : «  A l’époque, la question était moins de me chercher une vie que d’essayer d’en inventer une à laquelle je puisse croire… »
Ceci est la clé de l’œuvre de Paul Auster. On comprend sans peine qu’il écrit pour créer des vies et non pas des personnages. Il excelle à donner plusieurs vies à ces vies, plusieurs voies, d’autres issues. Mais il ne s’agit pas d’évasion telle qu’on la conçoit ou d’une quelconque liberté d’imaginer un univers paradisiaque, non. Il s’agit plutôt de s’emparer de tous les éléments qui nous entourent pour ouvrir une fenêtre et une réflexion sur le monde. Ce qu’il fait dans 4 3 2 1.

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En 2008, il publie Seul dans le noir. Ce roman raconte l’histoire d’August Brill, retraité qui à la suite d’un accident, immobilisé, s’installe chez sa fille Miriam. Le présent est lourd et August est insomniaque. C’est pendant ses longues nuits blanches qu’il échappe à son quotidien chargé de tristesse. En créant un monde parallèle. Un monde où n’existe pas la guerre en Irak et où le 11 septembre n’a pas eu lieu. Progressivement, le personnage qu’August a créé, dans une Amérique fictive, pour échapper à ses propres tourments, devient le véhicule des questionnement de son créateur, à propos de nos responsabilités dans la société et interroge nos positions face à l’histoire.

Ce désir de démultiplication est constant chez Paul Auster. Dans Cité de verre, le héros s’appelle Quinn, il est un auteur de romans policiers dont le personnage récurrent est un détective du nom de Work. Quinn écrit sous le pseudonyme de William Wilson, sans toutefois adhérer totalement à ce nom qu’il a pourtant choisi. Il se sent plus d’affinités avec Work, comme s’il s’identifiait à son propre personnage de fiction. Une nuit, dans son petit appartement, la sonnerie du téléphone résonne. Une voix demande à parler à… Paul Auster. Quinn répond qu’il n’y a pas de Paul Auster ici. Après cet appel, Quinn regrette de ne pas être le héros détective de ses romans, il essaie d’imaginer ce que ce dernier aurait répondu à l’inconnu du téléphone, il envie l’agressivité, la répartie facile, le sang-froid de Work. A partir de ce moment, il est dans l’attente d’un autre appel.C’est seulement après plusieurs nuits que le téléphone sonne enfin, et que la voix demande à nouveau : « Paul Auster…le détective » Quinn, alias William Wilson, créateur de Wok, accepte alors d’endosser l’identité de l’hypothétique détective Paul Auster. Il répond alors : « C’est lui-même, dit-il. C’est Auster qui vous parle. » Ainsi, l’auteur omniscient du roman, introduit son nom dans le récit, pour y désigner un personnage absent à l’identité douteuse, dont seul le lecteur a connaissance mais sous une autre fonction : celle de l’auteur.

Cependant, il ne faudrait pas penser que Paul Auster est centré sur un individu multiple qui serait finalement lui-même. Autocentré. Non : par ce moyen il réussit à parler de nous, de nos désirs, de nos travers, de nos peurs, de notre humanité. Et le récit romanesque éclaté grâce à des destins qui souvent s’emboîtent, se croisent, s’éloignent et se réunissent, permet aussi de parcourir l’histoire des Etats-Unis et de ce qui fait l’Amérique, le rêve américain et son envers.

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Dimanches 21 janvier et 4 février, sur Ouest Track Radio, dans l’émission 10mn chronique de Viva culture, vous avez pu entendre des extraits des romans : Cité de verreSeul dans le noir ; Constat d’accident et autres textes.

 

 

       

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