Passion simple, un spectacle de Florence Caillon

 

Florence Caillon – L’Eolienne / Annie Ernaux
C’était au Volcan, Le Havre, les 19 et 20 mai

Comment accompagner un texte dit par une voix off et en faire un spectacle ? Poser un divan rouge fatigué sur un plateau noir et faire entrer en scène, successivement, trois femmes.

Passion simple, d’Annie Ernaux, est la litanie d’occupations sans grand intérêt s’il n’y avait au coeur de ces jours qui s’étirent sur plusieurs mois, l’attente brûlante et infinie d’une femme qui ne pense qu’à un homme. Il va venir, il ne viendra peut-être pas, il est venu, reparti, reviendra, mais quand ? Jusqu’à quand ?
C’est un monologue sur un temps dilaté et suspendu.

Florence Caillon, par sa propre écriture dans l’espace, ne redouble pas le texte d’Annie Ernaux, elle n’illustre pas la description précise d’activités mécaniques destinées à nier le temps, elle choisit et inscrit le sens charnel qui est le seul axe du récit, son seul objet : le corps.

                                          Ill. Passion s

 

Elle convoque tout ce que le corps montre dans la vacuité de l’attente, dans la fièvre du désir, dans l’égarement, dans la douleur. Elle décrit à sa façon aérienne, comment le corps est envahi et soumis à quelque chose d’indéfinissable et d’incontrôlable parce que trop grand, trop proche de la folie et qui au regard des autres est une aberration. On a donné à cet état, un mot aussi vague et inatteignable que ses effets : la passion.
Trois femmes se succèdent sur la scène, trois corps qui expriment la soumission à ce qui ne peut être réprimé : la frénésie, l’abattement, la douleur, l’éclair de la folie. Chacune de ces danseuses acrobates, avec talent, apporte à tour de rôle, la grâce, l’énergie, la mise en danger et un cri.

Et par un étonnant retournement, la voix de Florence Caillon, d’une grande douceur, presque blanche, en retrait, semble seulement accompagner ce que l’on voit sur scène alors qu’elle en dispense le fil qui tient l’ensemble en équilibre.

Catherine Désormière

Passion simple – Annie Ernaux – Gallimard

Florence Caillon sera présente à la Grande conversation , au Volcan, le 11 juin

       

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