Marcel Duchamp au Magic Mirrors, 28 novembre 2017

Avant l’été dernier, j’avoue que je ne m’intéressais pas beaucoup à Marcel Duchamp. Les ready made, roue de bicyclette ou autre urinoir sur tabouret, c’est à peu près tout ce que j’en savais, c’était trop peu pour m’enthousiasmer et l’art conceptuel me laissait froide.
Puis il y a eu d’abord, dans le cadre du jury de la Galerne dont je faisais partie, la lecture du roman « Gabriële » d’Anne et Claire Berest, qui raconte la vie de la femme de Picabia, qui fut aussi la maîtresse de Duchamp et l’amie d’Apollinaire…
En juillet je suis allée voir l’exposition au musée des Beaux-Arts de Rouen.
En octobre, le CEM a présenté une exposition-hommage à Duchamp, « Ça roule Marcel ! J’ai participé à un atelier d’écriture réjouissant animé par Adeline Gouarné.
En octobre toujours, j’ai vu l’exposition à l’ESADHAR du Havre, « Marcel Duchamp, faire impressions », qui met en lumière un Duchamp imprimeur.
Et pour finir en beauté, hier soir 28 novembre, au Magic Mirrors, j’ai enfin vu la pièce écrite par Gabrielle Colace Scarabino pour le Théâtre de l’Impossible et mise en scène par Jean-Baptiste Lemarchand, « Marcel Duchamp, soigneur de gravité ». Joyeuse troupe pour évoquer ces joyeux trublions de l’art que furent les dadaïstes et ce joyeux gentleman pince sans rire que semble avoir été Marcel Duchamp. 1917, il vit aux Etats-Unis qui lui ouvre les bras lorsque la France boude ses premières oeuvres et s’en offusque. Là, il fréquente Man ray, Francis Picabia, Arthur Cravan , Alfred Stieglitz, Mina Loy, la Baronne Elsa Von Freytag…A une époque où la photographie met en question l’utilité de la peinture comme copie du réel, où l’industrie, la mécanique offrent à l’objet une perfection telle qu’on en reconsidère le vivant, Marcel Duchamp s’éloigne de la peinture et pose la question : Qu’est-ce que l’art ? Qu’est-ce qui fait l’œuvre d’art ? Quel est le rôle du regard du spectateur dans cette consécration ? Il ouvre la porte à l’abstraction, à l’art moderne, qui bouscule, tourne en dérision, heurte, étonne, dérange. C’est un spectacle très cultivé auquel nous invite le Théâtre de l’Impossible, avec beaucoup de références historiques et artistiques. Mais c’est aussi le portrait dynamique et facétieux d’un groupe d’amis qui s’amusent, zappent allégrement la première guerre mondiale, provoquent le monde de l’art et le monde tout court en enterrant les vieux modèles tandis que les femmes y tracent le chemin de leur belle indépendance. Au centre de ce bouillonnement, légèrement décalé, avec l’air de ne pas y toucher, le séduisant Duchamp évolue entre deux jeux de mots et une pièce déplacée sur son jeu d’échecs…Une belle leçon d’histoire de l’art qui rebondit entre deux éclats de rire, et qui a valu à la troupe, tout récemment, le premier prix au festival national de théâtre amateur à St Cyr sur Loire et le prix du Jury jeunes ! Bravo à eux et merci pour l’apéritif dada très coloré servi après le spectacle…dans un urinoir !
Véronique Garrigou

       

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