Les écrans : salon ou salle obscure ?

Isabelle Royer sur Ouest-track radio dans le 8 à 9 de Matthieu Lechevallier :

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PRESSE FAUT IL ALLER AU CINEMA

Extraits du Monde du 4 janvier 2020

Durant toute l’année 2019, Thomas Sotinel, critique de cinéma au « Monde », s’est interrogé sur les symptômes dont souffre le 7e art. Mutation fondamentale ou début de son agonie ?

Où (est) passé le cinéma ? Sur les petits écrans numériques qui servent à consommer les contenus Netflix – films, séries ou spectacles de stand-up – ou sur la grande toile blanche ?

De quoi ces phénomènes – l’hyperconcentration, la lutte des plates-formes pour arracher quelques heures de temps de loisir à la salle, l’érosion de la singularité française, l’émergence chaotique d’un marché chinois aux règles difficiles à déchiffrer – sont-ils les symptômes ?

S’agit-il d’une nouvelle mutation, comme celles qui accompagnèrent l’invention du parlant, l’irruption de la télévision ou l’avènement du numérique ? Ou bien est-ce le début d’une agonie ?…

Dans l’hebdomadaire professionnel Le Film français du 19 décembre, Frédéric Monnereau, responsable de la distribution en salle de la filiale française de Disney, explique : « La concurrence exacerbée des autres médias joue un rôle important [dans la concentration du nombre de spectateurs sur quelques titres]. Le public continue à se rendre en salle, mais il est plus sélectif pour ce qu’il va y voir et son choix se porte en priorité sur ce qui fait l’événement. »….

Cette emprise des marques sur le processus créatif a suscité la riposte en deux temps de Martin Scorsese. Dans un entretien au mensuel britannique Empire, l’auteur de Taxi Driver a d’abord déclaré que « les films Marvel ne sont pas du cinéma », puis, précisant sa pensée dans une tribune publiée par le New York Times, il a fustigé « la nature des films franchisés modernes : étudiés sur les marchés, testés auprès du public, contrôlés et recontrôlés jusqu’à ce qu’ils soient prêts à la consommation ».

Alors que les recettes et les entrées connaissent une érosion régulière aux Etats-Unis et dans la majorité des pays occidentaux, l’exploitation cinématographique française affiche une santé étonnante : 213,3 millions d’entrées en 2019, soit 5 % de hausse par rapport à l’année précédente, une part de marché des films nationaux de 36 %, tout ça dans un parc de salles sans équivalent au monde par sa densité (5 500 écrans, soit 9 pour 100 000 habitants)…

Les films classés art et essai représentent environ 400 titres sur les 600 nouveautés mises à l’affiche chaque année (on attend les statistiques définitives pour 2019), et seulement une vingtaine de pour-cent des entrées, un chiffre qui reste stable, mais qui concerne un public vieillissant. Cette offre prodigieuse de diversité est entravée par la rapidité de la rotation des titres, entre autres en raison de la demande constante de nouveautés que suscite l’usage des cartes d’abonnement. Reste que cet encombrement est envié partout dans le monde…

Cette situation est rendue possible par les aides à la distribution, à l’exploitation, qui sont le pendant des dispositifs destinés à soutenir la production. « La politique publique reconnaît que la valorisation du film ne tient pas seulement à ses entrées, mais aussi à la défense d’un critère de qualité », rappelle Aurélie Pinto, chercheuse au CNRS, spécialiste de l’exploitation cinématographique.

       

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