Le prisonnier, série culte énigmatique

           

Il est des fictions qui rassemblent toutes les générations, et cela sur plusieurs années. Le Prisonnier, série télévisée de « l’âge d’or » des années 60, en fait partie.
Patrick McGoohan avait joué le rôle de l’agent secret John Drake dans 86 épisodes de Destination danger, entre 1960 et 1966. Six ans dans la peau du même personnage, on s’en lasse. Il décide de créer sa propre série dont il présente le concept au producteur Lew Grade, lequel lui accorde une confiance aveugle et accepte le projet sur une simple poignée de main. Ce qui serait, évidemment impensable aujourd’hui.
L’histoire se situe dans un petit village où se réveille le héros, dans une chambre inconnue. Ce dernier a eu des responsabilités confidentielles probablement de haute sécurité. Il vient de démissionner. On comprend très vite qu’il a été drogué et enlevé puis déposé dans ce village, où tout semble tranquille et d’autant plus menaçant. Un numéro lui est attribué : le numéro 6. Malgré toutes ses tentatives, il ne peut pas sortir de cet endroit qui pourrait se situer n’importe où, sans repère. Qui l’a capturé ? Et qui dirige le village ? Le numéro 1 ?
Le Prisonnier fête cette année son 50ème anniversaire, puisque la série a été diffusée pour la première fois en 1967 au Royaume-Uni. C’est l’occasion d’évoquer sa création, ses messages, son côté avant-gardiste.
Le 25 juin, le président du fan-club du Prisonnier, Patrick Ducher, est passé dans le studio de Ouest Track Radio, dans l’émission « Viva Culture ! ». Nous lui avons demandé comment cette série était née, comment on reconnaît un fan et pourquoi cette série est devenue culte.

             
«  C’est  de l’accord entre un producteur et un acteur, Patrick McGoohan, qui joue le rôle du N°6, qu’est née cette série. Patrick McGoohan a également été producteur, réalisateur, scénariste de plusieurs épisodes, et s’est impliqué totalement dans ce projet, ce qui était rare à l’époque.
Contrairement aux séries de “l’âge d’or”, telles que Mission impossible ,  Amicalement vôtre , Chapeau melon et bottes de cuir , qui sont de très bonnes séries récréatives, il y a, dans Le prisonnier, quelque chose en plus. Par- delà une histoire apparemment anodine d’agent secret qui démissionne, chaque épisode est prétexte à une thématique particulière. Dans l’épisode « Le Général », les habitants sont hypnotisés pour apprendre un maximum de choses en peu de temps ;  « Liberté pour tous »,  est une satire à propos du vote. Dans « L’impossible pardon »,  le corps du prisonnier est transféré dans celui d’une autre personne… Chaque épisode est prétexte à une thématique qui donne à réfléchir, ce qui était assez rare dans ces années-là.
Cette série n’a pas, à l’époque, rencontré un large public, mais grâce à la patine du temps elle a acquis une renommée, c’est pourquoi on peut dire que Le prisonnier est indéniablement aujourd’hui une série culte. La preuve est que 50 ans plus tard, on en parle toujours, ce qui est assez exceptionnel. Dans les conventions, on reconnaît les fans du prisonnier à leur blazer noir à liserés blancs et à leur badge numéro 6. Dans la vie, le fan du prisonnier est quelqu’un qui est assez critique concernant le monde qui l’entoure, et qui essaie de comprendre comment fonctionne les systèmes, qui se pose beaucoup de questions, sans forcément y répondre. »

Patrick Ducher est reparti, non sans avoir évoqué le numéro 1, le personnage le plus mystérieux de la série. Mais il n’a rien voulu révéler, sinon que le numéro 1 représente sans doute la part qui existe en chacun de nous : le côté sombre.

Vases communicants MCH/Ouest Track Radio : 


Ceux qui ont écouté, le dimanche 25 juin, à 11 heures, sur Ouest Track Radio (95.9), l’émission Viva Culture ! et 10 mn Chronique! ont entendu le générique du Prisonnier, suivi d’un extrait de la série et d’une interview de Patrick McGoohan.
Pour en savoir plus : Le Prisonnier, une énigme télévisuelle (éditions Yris) de Patrick Ducher et Jean-Michel Philibert
Les site français www.leprisonnier.net et anglais www.sixofone.co.uk
Deux ouvrages sont en préparation en préambule au 50ème anniversaire de la première diffusion en France qui date de février 1968.
CD

       

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