Le monstre est un doudou

Perdu #Lost

Il bouge trop. Il ne parle pas. Il fait des bêtises. Il n’en fait qu’à sa tête. N’écoute rien. N’obéit pas. Stop ! Voici sans doute ce qu’ont dit les parents de ce petit garçon que l’on retrouve seul, à l’orée d’une forêt, avec son doudou, abandonné. On est au Chapeau d’ébène théâtre, à Avignon, avec la compagnie Lili Label.

Les forêts, ce sont celles du Chaperon rouge et de Petit Poucet… On n’en sort pas forcément indemne ; d’ailleurs on n’en sort pas parfois ! Comment se repérer ? Les arbres se ressemblent, les ombres sont toutes des monstres, les yeux des petites bêtes brillent dans le noir…

Grand Enzo revient sur le lieu de ses peurs et renoue avec son « enfant intérieur », le Petit Enzo dont une part est restée cachée au fond de ce bois : il vient le sauver. Il faudrait parler de la simplicité du texte de Françoise Glière, de son vocabulaire et de sa syntaxe qui disent l’enfance. Christophe Luiz interprète l’enfant et l’adulte,  jouant autour d’un module mobile, conçu par Violette Graveline, rocher, promontoire, caverne, chambre, refuge. Il l’escalade, défie les ennemis qui le menacent, s’y cache, s’y blottit. Une ouverture dans le toit symbolise la trouée dans les arbres, vers le ciel, nuages, étoiles, salut….

La plus belle scène est celle du monstre : il se fond dans l’obscurité du plateau, s’approche à plusieurs reprises, énorme, jusqu’à ce que l’enfant réussisse à vaincre sa peur et l’apprivoise ; il grimpe sur son dos dans une valse lente et tendre.

On comprend que les monstres ne triomphent pas et que les peurs peuvent être domptées.                               

Même les nôtres.

Isabelle Royer

 

 

 

 

 

       

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