LE JOURNAL DE L’ASSOCIATION MCH#2 – 2014

                                                   L’art comme l’air qu’on respire

                                          LES EDITOS d’Isabelle Royer, présidente

 TRIMESTRIEL 3 Janvier 2014

Les recherches mêlant textes, classiques ou contemporains, chansons, video, ou plus largement théâtre, musique, danse et images, interrogent.

Ainsi est-il toujours pertinent de séparer musiques classique, expérimentale, actuelles, jazz etc… ?

Le spectacle vivant,  et notamment le théâtre, est questionné par le décloisonnement entre les arts et de nouvelles formes d’expression liées au numérique. Certains spectacles peuvent désorienter les spectateurs. Des metteurs en scène nous surprennent ou nous choquent. Cinéma, video, robotique, téléphones mobiles, jeux vidéo…tous ces outils ne transforment-ils pas le plateau en laboratoire ? Quel est alors la place du comédien ?

Et celle du spectateur ? Habitués  à nos auteurs, nos textes, nos scènes, avons-nous limité notre regard à ce qui ne dépasse pas des cadres ? Dans cet environnement technologique, la modification des supports entraîne-t-elle aussi celle du mode de lecture et de la capacité d’attention ? En effet, lecture et narration ne sont plus linéaires. Ne pourrait-on avancer que le spectateur lui-même est un « mutant » ?

Mais qu’est-ce qui fait qu’un spectacle nous plaît, et plus encore nous emporte, nous soulève ? La question est d’autant plus urgente que la technologie peut créer un effet de sidération qui nous masque la recherche du sens.

Par ailleurs avons-nous vraiment affaire à une confrontation entre les « anciens » et les « modernes »? Entre le patrimonial et le créatif ?

Aux racines de la création : notre héritage, c’est-à-dire le frottement avec d’autres temps, d’autres espaces et d’autres hommes. Mais les outils aujourd’hui sont innovants : les chemins de l’art sont multiples.

Le spectacle vivant peut être un lieu d’échanges visuels et sonores hors cases qui nous arrachent aux masques confortables de l’habitude, dans un monde de désirs ré-orientés.

Isabelle Royer

« Nouvelles scènes ». C’est le thème de notre 2ème Grande conversation le 17 mai 2014.

TRIMESTRIEL  4  Novembre 2014

Le spectacle vivant n’est pas à l’abri du flirt avec la sidération… Certains créateurs recherchent la stupeur, ce qui nous pose deux questions : l’utilisation des « nouvelles » techniques sur scène est-elle au service du sens ? Et : au théâtre doit-on tout voir des corps et de l’intimité humaine ?

La course au spectaculaire qui privilégie l’émotion, affecte la plupart des médias et des publics. Elle nous semble pernicieuse dans ce qu’on n’ose appeler encore « l’information ». À celle-ci nous demandons une réflexion sur le monde et non la valorisation de nos pulsions.

« La démocratie présuppose l’intelligence » rappelait Marc Le Glatin avec Robin Renucci à la Maison Vilar le 18 juillet à Avignon, comme nous le relate Christine Baron pour notre Rubrique des spectateurs. Une société qui ne donne pas toute sa place aux artistes et n’offre pas à tous ses enfants une éducation artistique, est autodestructrice, parce que le créateur est celui qui nous fait « auteur » et nous élève.

Pour notre association MCH, le spectacle vivant, les arts, les savoirs, nous métamorphosent en publics qui vibrent, discernent, comprennent… Loin des illusions consuméristes et des jeux du cirque, nous voici des « amateurs d’art » que Malraux appelait de ses vœux. Dans l’expression « grand » public, le metteur en scène Christian Schiaretti revendique « un enjeu de noblesse » car le théâtre populaire s’accomplit devant une audience plurielle.

Aux côtés du « théâtre à machines », « théâtre des merveilles », lié à des techniques, Christian Schiaretti met à l’honneur le théâtre du texte, celui de la profération et de la langue. La parole n’est pas un bavardage, le geste n’est pas une gesticulation.

Nous-mêmes n’en avons pas fini avec le mot : porté par la voix de l’artiste, son phrasé, sa respiration, sa scansion, il irise de ses multiples sens notre perception de la pièce, il illumine les minuscules nuances d’un texte, ouvrant à chacun d’entre nous sa propre part de création. •

Isabelle Royer

Retrouvez nos journaux dans Temps forts, sur notre site MCH

 

       

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