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khamsa

La bouquinerie Les Yeux d’Elsa est orpheline, mais l’héritage de Khamsa Berrehil est bien vivant !

Souvenirs, souvenirs,  dit Johnny dans sa chanson…

 Cette foutue maladie a été trop vite, hélas, comme toujours…Parce que Khamsa savait qu’elle était inéluctable, elle a préparé et vécu sa mort comme elle le désirait.

Combative et lumineuse, Khamsa le fut jusqu’au bout. Elle nous a fait un cadeau inestimable : elle nous a offert la possibilité de lui dire adieu, de la revoir une dernière fois et de la serrer contre notre cœur avec tout l’amour que nous avons partagé toutes ces années. Nous nous sommes rencontrées en 1995 lors d’un Forum que j’organisais avec l’association Maison de la culture du Havre intitulé « Expressions algériennes ».

Voici donc quelques témoignages d’amis dont je vais tenter d’être le porte-parole.

Beaucoup parmi nous ont connu Khamsa grâce à la bouquinerie Les Yeux d’Elsa, ce lieu qu’elle a créé par la force de son désir – elle a su frapper à toutes les portes, sans un sou en poche, pour réussir ce pari fou. Cette boutique est devenue un lieu chaleureux et parfaitement original de la vie culturelle havraise. Toujours bien accueillis, on y a vécu, en compagnie des livres, cd et autres dvd, des expositions, des concerts, des rencontres littéraires, des clubs poésie,  des « espagnolettes », des séances de yoga du rire et tant d’autres évènements étonnants et détonants… 

A sa façon, parfois certes assez peu rationnelle, en apparence mal organisée, voire même un peu chaotique, Khamsa traçait son chemin, pas après pas.

« Elle nous ouvrait son lieu pour qu’on y soit bien » car en chacun, elle percevait le potentiel, la qualité, le don qui faisait son originalité. Elle savait mettre en avant les talents de chacun en se souciant du succès de tous. Combien de personnes, de jeunes en particulier, elle a su aider, avec tact et discrétion !

Elle permettait à chacun de créer et de partager ce qu’il faisait. Membre du conseil d’administration de l’association Maison de la culture du Havre, elle croyait du plus profond de son être, à la démocratisation de la culture et elle a toujours agi dans ce sens.

Khamsa a eu le chic pour susciter une multitude de rencontres, parfois autour de son fabuleux couscous, en valorisant les points communs de ses amis. Ah oui, nous pouvons témoigner de son rôle réconfortant dans la chaleur de l’amitié ! Elle savait nous amener à voir l’autre avec un regard différent… Et beaucoup d’entre nous peuvent dire aujourd’hui : « Sans elle, je ne vous connaitrais pas »… 

Sa ténacité restera une leçon pour chacun de nous. Mieux encore ! Elle me disait que chaque fois qu’elle rencontrait une difficulté, un coup dur, un obstacle – et vous savez qu’il y en a dans la vie, des blessures, des tourments – elle l’examinait jusqu’à ce qu’elle réussisse à en extraire une énergie positive pour le surmonter. Et elle nous aidait à faire de même !

Chacun se souvient de sa force optimiste, de sa capacité à faire bouger le monde. Elle rêvait d’être maire d’Oran, elle agissait au mieux de l’égalité, de la paix, de l’intelligence entre les êtres et les peuples, je me souviens, dans les années 90, de sa présence active dans le collectif « Algérie Urgence » avec ses combats pour l’égalité homme/femme, la démocratie, la tolérance dans un islam sensible et accueillant… Oui, nous avions du pain sur la planche ! Et elle me disait, il y a quelques jours encore : « Ce n’est pas fini, tu sais, car là-haut, j’aurais du boulot aussi ! ». Nous avons bien ri… avec des larmes dans les yeux …

Ma Khamsa, comme tu vas nous manquer ! Comme tu vas manquer à notre ville du Havre ! Tes yeux pétillants et ton incroyable sourire lumineux, tes bras grands ouverts et ton cœur rayonnant… Oui, Khamsa, nous nous sommes aimés, de cette amitié indéfectible, de cet amour qui donne un sens à la vie. Merci à toi d’avoir été là, parmi nous, telle que tu étais.

 

       

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Présidente de la MCH

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