La beauté du chant.

Pour un spectateur qui ne connait pas cet opéra, Norma de Vincenzo Bellini, (1831) sur un livret de Felice Romani, d’après la tragédie d’Alexandre Soumet Norma ou l’Infanticide, le personnage principal est-elle une amoureuse aux prises avec les exigences de son destin de Vestale, son amour caché pour le proconsul Pollione, puis sa jalousie, ou une héroïne politique de la collaboration puis de la résistance face à l’envahisseur romain ?

Frédéric Roels ne situe pas cet opéra en 1942 période d’occupation allemande, mais dans une sorte d’univers fantasmé, mi grotte, mi souterrain, où des Gaulois (convaincant chœur Accentus) fomentent clandestinement de chasser l’occupant romain en lançant avec conviction leur cri de guerre « Guerra, Guerra ! ».

Secret des complots, secrets des cœurs, des amours…Norma, c’est une âme passionnée qui hésite, chère aux tragédies, mais c’est aussi l’individu face au collectif. Norma opéra romantique …

Un univers de révélations et de chaos émotionnel où tout concourt à frapper le spectateur : la puissance des voix (la mezzo-soprano Ruxandra Donose, la soprano Mirjam Tola pour Adalgisa, Marc Laho, Wojtek Smilek…), la vigueur des duos, des trios, conjuguée à l’énergie de l’orchestre dirigé par Fabrizio Maria Carminati. Le lent plan rapproché sur la lune projeté au-dessus de la caverne est majestueux, mais les évolutions de trois danseurs de la compagnie Beau Geste de Dominique Boivin, semblent mignardes.

 Bellini et Chopin étaient amis. Même goût de la mélodie, celle qu’on ne se lasse pas d’entendre dans la prière à la lune, Casta diva (Chaste déesse) au début de l’opéra à un moment où le temps se trouve comme suspendu.

 Chaste Déesse, Chaste Déesse qui argentes ces antiques feuillages sacrés, tourne vers nous ton beau visage,sans nuage et sans voile.

Modère, ô Déesse, modère des cœurs ardents, modère encore, modère encore le zèle audacieux…répand sur la terre cette paix que tu fais régner au ciel.

 En rupture avec les Lumières, siècle de la Raison, les Romantiques veulent exprimer les élans de la passion, la force et l’ambiguïté des sentiments. Une trouvaille que cette fin surprenante pour qui ne s’y attend pas : en choisissant la vérité, Norma reconquiert Pollione et réconcilie ainsi l’intime et le politique, l’amour et l’éthique.

Isabelle Royer

Maria Callas : https://www.youtube.com/watch?v=B-9IvuEkreI

Cecilia Bartoli : https://www.youtube.com/watch?v=pmwAEIq44YQ

Sumi Jo : https://www.youtube.com/watch?v=zE_GtxT7yjY

 

       

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