Florence Caillon, invitée à la Grande conversation du 11juin, au Volcan

19 mai, quelques heures avant la représentation de Passion simple, au Volcan. Rencontre avec Florence Caillon, auteur, chorégraphe, circassienne, compositeur. Cie l’Eolienne.

Ill. >art. FL. Caillon
Nous nous sommes donné rendez-vous devant l’entrée du Volcan, afin d’organiser sa venue à la Grande conversation de la MCH, le 11 juin, au Fitz du Volcan : Texte en scène. Florence Caillon arrive souriante et chaleureuse. Dans ce lieu un peu obscur et abandonné à cette heure de la journée, 16H30, nous décidons ensemble d’aller à l’extérieur prendre un café.
Ce soir, ce sera la première représentation de son spectacle au Havre : Passion simple . Elle est venue pour y apporter les réglages nécessaires et je suis heureuse qu’elle me consacre une heure d’entretien.
Assises à la terrasse d’un café de l’autre côté de la place, Florence Caillon, en femme pragmatique, me demande qui participera avec elle à cette rencontre de juin. Puis elle m’interroge sur ce qu’est la MCH. Je lui explique comment nous est venue l’idée du thème de cette Grande conversation, sujet qui n’est pas neuf mais dont le déclencheur a été le spectacle de Castellucci, Go down, Moses. Pour certains spectateurs était-ce du théâtre ? Sans, ou, à peu près sans texte ? Florence Caillon n’a pas vu ce spectacle et me demande de le lui raconter. Si j’étais devant un jury, il est certain que je n’aurais pas de médaille. Comment « raconter » un spectacle de Castellucci ? Le décrire ? Impossible, il y a là trop d’images, d’effets sonores, de troubles et de sensations. Elle me demande finalement ce que, moi, j’en ai ressenti… Quand j’ajoute que des spectateurs ont dit n’avoir pas saisi l’objet de ce spectacle, elle répond :  « Dans ce cas, c’est qu’il était raté. » A ce moment, je me dis qu’elle fait allusion, sans forcément en avoir conscience, à ses propres créations, dans lesquelles elle s’implique totalement, et pour lesquelles elle souhaite conquérir non pas un certain public, mais tout son public.
Elle me parle d’un spectacle antérieur qui manifestement lui a donné un énorme travail, de recherches, de réflexion, d’élaboration et qu’elle porte encore en elle avec beaucoup de conviction. Le titre : Iceberg, où il s’agit de plutôt parler de la partie cachée de l’iceberg que sont les affaires liées à la délinquance financière. Sujet sensible élaboré avec Denis Robert, mais aussi spectacle où se bousculent les codes du théâtre, de la danse, du cirque, utilisant un texte off, la video… Florence Caillon regrette qu’il soit si difficile de trouver un directeur de théâtre qui prenne le risque de programmer un spectacle qui rassemble tant de genres artistiques différents. Et malgré le succès évident qu’il a remporté, on sent qu’elle n’en a pas fini avec cette expérience.
Je pose enfin la question qui m’a amenée à souhaiter rencontrer Florence Caillon et à lui proposer de venir à notre Grande conversation. Il s’agit du spectacle qui sera donné deux fois, le 19 et le 20 mai, au Volcan, Passion simple, d’après le livre d’Annie Ernaux. Pourquoi ce texte, sachant qu’il est repris sur scène quasiment in extenso, dit par une voix off ? La réponse est instantanée : précisément à cause de la passion. Florence Caillon est intriguée et attirée par cette idée de passion, par le mystère de toute passion.
Je ne suis pas vraiment étonnée, je ressens chez mon interlocutrice quelque chose de déterminé qui n’est pas loin de la passion.

Le 11 juin, au Fitz du Volcan, elle sera en compagnie de Joseph Danan, auteur dramatique ; Luc Boucris, chercheur arts du spectacle ; Marie-Hélène Garnier, metteure en scène, et le public, pour parler du texte dans le théâtre contemporain : texte en scène.

A suivre : Passion simple, le spectacle.

Catherine Désormière

       

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