Faire la fête

 

Les enfants, avec un rideau, des coussins, deux ou trois chaises et divers ustensiles, savent comment faire la fête. Parfois, ça se termine mal, les choses sont allées trop loin, les imaginations n’ont pas su s’arrêter à temps.

Toutes les fêtes des adultes seraient-elles désir de retrouver, un peu, leur paradis perdu ? En se gardant toutefois des erreurs de leurs premiers pas en tant qu’organisateurs.

C’est pourquoi les 500 ans d’une ville, à honorer de façon magistrale, donnent lieu à des mois de travail où l’improvisation juvénile est exclue. L’imagination, certes, la multiplication des initiatives, oui, mais aussi des interdits, des restrictions, des autorisations et un budget (qui dépasse de loin celui des fraises tagada).

A noter que ceux qui créent la fête n’en feront pas vraiment partie, trop d’attention aux événements, trop de détails à régler au fur et à mesure, trop de responsabilités. Ceux qui imaginent la fête, la réalisent pour d’autres.
Les autres, c’est nous.

Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une raison pour faire la fête ? On dira : non. Mais quelquefois, c’est elle qui s’impose. 500 ans, on pouvait pas laisser passer ça ! Et là ils ont fait fort : la fête va durer quatre mois.

Ce qui serait bien, c’est qu’ensuite on n’arrête pas de faire la fête ensemble, en continuant à fréquenter tous les endroits où l’anniversaire a été célébré, et même ailleurs, en parcourant d’autres endroits où l’imagination et la création se manifestent, en étant inventif et audacieux.
La fête est une bulle, quand elle éclate il ne faudrait pas qu’elle retombe en une triste pluie. La fête n’est pas seulement un plaisir éphémère. C’est aussi comme un carburant qui donne envie de faire de nouvelles rencontres, de poursuivre des expériences inattendues. La fête, c’est à la fois l’émotion et le hasard mais elle ne vient pas toujours jusqu’à nous, il faut aussi parfois aller la chercher, et pas forcément dans le monumental et dans la liesse.

 

                                                                                                                                                                 Le portique – CD

Le 24 mai, C’était la réouverture du Portique, après quelques mois de réaménagement. Tout neuf, tout beau, sur 3 niveaux, il ouvrait ses portes à 18 heures pour le vernissage des expositions des œuvres de Julien Berthier, Vincent Ganivet et Stéphane Thidet. La particularité de ces trois artistes est qu’en se promenant dans la ville, on ne peut échapper à leur création : l’altoviseur, sur le toit de la gare c’est Julien Berthier, alors qu’au Portique son exposition est empreinte d’une poésie qui mêle une réflexion sur le temps, le temps qui nous est invisible et seulement perceptible dans l’après. Vincent Ganivet, lui, a fait cadeau dans notre espace public de ces arches multicolores qui ressemblent à deux arcs en ciel croisés. Au portique, il expose la même architecture dans des proportions plus modestes et dans d’autres matériaux. Quant à Stéphane Thidet, dont les jets d’eau se croisent sur le bassin du commerce, il nous étonne avec 2 installations dont la première est aussi fragile que la deuxième est solide. Je n’en dis pas plus. Après le 8 octobre, cette exposition disparaîtra. Et je retournerai au Portique pour que continue la fête.

Vases communicants MCH/Ouest Track Radio : 
pour ceux qui ont écouté, le dimanche 28 mai, à 11 heures, sur Ouest Track Radio (95.9), l’émission Viva Culture et 10 mn Chronique!  Retrouvez ici le titre dont vous avez entendu un extrait : Gatsby le magnifique, F. Scott Fitzgerald.

       

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