J‘ai toujours peint et dessiné, mais je n’ai jamais envisagé d’en faire une carrière, souhaitant préserver ce qui me semblait le seul espace de liberté possible. Cette conviction m’a conduite à côtoyer, dans les années soixante, avant sa dissolution, le groupe des Surréalistes dont je me revendique toujours.

Autodidacte, j’ai réellement commencé à pratiquer la peinture dans les années 1970, puis le dessin, l’encre de Chine et enfin les techniques de la gravure. L’ensemble de ce travail a été exposé pour la première fois à Montréal, dans le cadre du groupe Phases auquel j’appartenais, groupe issu du mouvement Cobra.

Mon séjour professionnel à l’École d’art du Havre (1988-1998) où, étant bibliothécaire, j’ai créé la bibliothèque de l’École, m’a permis de m’initier en solitaire aux techniques de la gravure, notamment la lithographie. J’ai élargi cette formation en effectuant un stage de gravure à l’atelier Dutrou, célèbre graveur pour des artistes contemporains, dont Alechinsky.

Mon parcours professionnel s’est achevé au musée Malraux, devenu MuMa, où j’ai également créé la bibliothèque, de 1998 à 2004. A ma retraite, peu désireuse de quitter ce magnifique endroit, j’ai adhéré à l’association des Amis du musée Malraux dont je suis devenue la présidente, de 2011 à 2014.

Actuellement, je fais partie d’un collectif de graveurs havrais, L’estampe.

Anne-Marie Castelain

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Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre

  L’estampe

 Qu’est-ce qu’une estampe ? Ce terme, très large, désigne un ensemble de pratiques : est-ce la matrice (bois, métal, lino) sur laquelle on grave au moyen de différentes techniques ? Est-ce le support papier ? Est-ce l’encrage ?

 A l’origine, l’estampe désigne le résultat de l’impression d’une gravure, les deux termes étant souvent confondus en français. Mais aux techniques traditionnelles de la gravure – creuser, mordre qui incluent l’idée d’empreinte, de relief, s’ajoutent, au XIXe siècle la lithographie puis la sérigraphie. Ces techniques, dites « à plat » éloignent l’estampe de son sens originel.

Aujourd’hui, le terme « estampe » désigne une impression dont l’élément imprimant est préparé manuellement, ce qui la différencie d’une reproduction photomécanique ou photochimique.

L’estampe est définie comme originale lorsque la plaque de bois, de métal, ou la pierre à lithographier sont gravées ou dessinées (pour la litho) par l’artiste. Si un graveur professionnel exécute l’œuvre d’un artiste, nous avons à faire à une estampe de reproduction.

 A la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle les collections d’estampes deviennent rapidement très en vogue. La gravure y est appréciée comme reproduction, son rôle est de donner l’idée des bons tableaux et des dessins des grands maîtres.

C’est cet engouement qui est à l’origine de la taille-douce imprimée en couleurs à partir de plusieurs planches. Les graveurs vont utiliser la manière noire pour les modelés, l’aquatinte à partir de 1760 pour imiter le lavis, la manière de pastel dès 1769 et la manière d’aquarelle en 1772.

La reproduction du dessin trouve une solution avec l’invention de la lithographie en 1796 et son importation en France en 1802. Whistler, surtout Degas et Pissarro, par leur pratique, font émerger la gravure d’artiste, l’estampe « originale » : variation des papiers, numérotation ds tirages, monotypes, augmentation du nombre des états, signature manuscrite.

 Le profil de l’estampe est désormais tracé. À partir de là, il est bon de savoir qu’à la fin du XIXe et dans les débuts du XXe siècle, des ateliers de graveurs se sont crées, passant des commandes à des artistes pour alimenter leur production. C’est le cas de l’atelier Blanc qui survit grâce à la commande de Bernheim à Jacques Villon ou de l’atelier Lacourière avec la commande Vollard à Picasso. L’Atelier 17 de S.W.Hayter ouvert à Paris en 1927 est le prototype de l’atelier de gravure qui fonctionne sur le modèle des ateliers de peinture. Friedlaender, Goetz et Fiorini, notamment, suivront dans cette voie : la priorité est donnée aux innovations, l’œuvre n’a d’autre but qu’elle-même.

 Qu’en est-il actuellement ? Après une certaine effervescence dans les années soixante, soixante-dix, les ateliers de graveurs tendent à disparaître, les artistes étant désormais tournés vers d’autres pratiques.

Les techniques artisanales de l’estampe, minutieuses, relevant d’une longue tradition de recettes et savoirs-faire n’attirent plus. Elles sont encore enseignées dans les écoles d’art ou dans des ateliers uniquement destinés à l’apprentissage.

C’est pourquoi le collectif havrais, l’Estampe, dont je fais partie, est un peu comme un défi pour maintenir vivante un mode d’expression très riche et diversifié.

 Anne-Marie Castelain.2014.

 
Anne Marie Castelain Monotype fusain pastel
Anne Marie Castelain Monotype fusain pastel
Anne Marie Castelain Monotype couleur
Anne Marie Castelain Monotype couleur
Anne Marie Castelain Monotype  couleur pastel
Anne Marie Castelain Monotype couleur pastel
Anne Marie Castelain Monotype couleur pastel
Anne Marie Castelain Monotype couleur pastel
Anne Marie Castelain Monotype fusain pastel
Anne Marie Castelain Monotype fusain pastel
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
Anne Marie Castelain Monotype pastel sans titre
anne marie castelain aquarelle
anne marie castelain aquarelle
 
 
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