EDITO La saison 14/15 de la Rubrique des spectateurs a été fructueuse !

Qu’y a-t-il de commun entre un bourgeois du 17ème siècle mis en scène par Denis Podalydès, un performeur en robe de mariée, Jérôme Le Goff, et un clown du Cirque Plume, le couple Ceaucescu selon Anne-Laure Liégeois ou un homme dansant de Christian Rizzo ? C’est tout d’abord le regard aigu d’un créateur, la singularité d’un artiste, c’est l’invention d’un espace, l’intelligence du temps, c’est l’âme d’un texte. Et c’est le cœur du spectateur.
Cette saison encore, nous avons fait un beau voyage, de spectacles en concerts, en lectures, en conférences, en expositions, en films…Autant que nous avons pu, nous sommes allés voir du côté des arts.
Explorer notre possibilité d’imaginer et d’entrer dans des mondes différents, c’est notre modeste objectif de spectateurs. Nous interroger sur nous et sur le monde, peut-être vivre autrement. Accepter parfois d’être bousculés.

Partager, lors des rencontres de notre Rubrique des spectateurs, les plaisirs et les émotions que nous avons ressentis dans les salles obscures, nous a permis de les augmenter : confronter nos expériences particulières a favorisé la construction de notre regard et de notre énergie critique, grâce à la multiplicité de nos points de vue. Nous nous sommes donné du temps. Parfois, mais pas toujours, nous avons rédigé des textes nés de ces échanges. Les voici !

Les artistes qui déploient pour nous les forces de la création sont pour nous si nécessaires que nous avons vécu l’attentat contre les dessinateurs de Charlie Hebdo comme une menace personnelle.
Car vivre au milieu des arts, jouer avec les représentations en mots et en images, voir le monde et se voir soi-même réfléchis sur la scène ou sur l’écran, nous grandit et nous émancipe. Comme Stendhal, le créateur promène un miroir le long du chemin, il refuse les consensus lénifiants, les oppositions binaires : quel bien il nous fait !
« L’art comme l’air qu’on respire » : le slogan de notre association de spectateurs attentifs et passionnés n’est pas une formule.

Remi De Vos dans sa pièce Occident vue à Avignon ne barguigne pas : « L’Occident s’emmerde alors il boit. Il aime regarder les morts à la télé. » De cette pièce coup de poing, drôle et crue, nous sommes sortis étrangement joyeux, comme si nous avions trouvé notre place dans une époque brutale. Spectateurs existant dans le regard d’un auteur affuté, dérangés peut-être mais debout, nous n’étions plus englués dans le désarroi et l’accablement dits généralisés. Le politique retrouvait sa place, celle de la force de la parole, de la circulation des opinions et des jugements, celle de la possibilité de transformation : c’est le pouvoir de l’art qui donne sa chance au politique.

Isabelle Royer, présidente

       

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