Coutances 2015 Festival Jazz sous les pommiers, par Christine Baron-Dejours

Coutances 2015 Festival Jazz sous les pommiers
Les pommiers swinguent toujours autant à Coutances en mai et une fois de plus on a battu la mesure au cœur du Cotentin !
On croise dans les rues des tas de gens chargés de drôles de bagages bien encombrants. Des contrebasses, des saxos, des trombones, des cors, des guitares qui s’installent pour le Festival de Jazz. Spectacles de rue de toutes sortes, amateurs, écoles de musique et bien sûr, professionnels de renom occupent les différentes scènes de la ville qui offre ses plus jolis décors aux musiciens : la Chapelle, la jolie place Saint Nicolas, la cour vieillotte de l’école Jean-Paul II, les splendides jardins et le Parc des Unelles et surtout le square de l’évêché où bat le cœur du Festival. Là, la scène ouverte à tous les amateurs accueille chaque jour des dizaines de formations de tous bords au pied de la Cathédrale majestueuse. Tout le monde passe ici, attiré par l’esprit guinguette de cette scène champêtre et par sa buvette, ses tables en bois et ses bancs sans chichi. On boit un verre entre deux spectacles, on casse la croûte (le pain au levain cuit dans son four et les saucisses grillent dans la rue voisine), on s’organise. Et on écoute les amateurs après avoir profité des spectacles de rue originaux proposés aux quatre coins de la ville.
Des Big Bands (Yvetot, Bayeux, Fougères…) succèdent aux écoles de musique du bocage normand et aux chorales, des amateurs éclairés enchantent le public (« Garage Jazz Band ») d’autres les amusent (« Jazz du lundi soir »). Des enfants attentifs jouent leurs partitions, intimidés, d’autres se lancent dans des solos étonnants avec assurance et cette variété est réjouissante. On sent à chaque fois l’enthousiasme qui les porte, l’énergie insufflée par le « chef » qui transmet sa fougue à sa troupe et au public. On est surpris par le nombre de formations qui défilent sur scène (45 mn pour faire ses preuves !) et par des talents naissants : une jeune guitariste fait vibrer ses cordes électriques avec brio, une belle envolée de trompette est applaudie chaleureusement, un solo de piano bien senti séduit le public. Quel réconfort de voir ces musiciens de tous les âges, ces enfants se lancer dans la musique avec tant de plaisir. Si la Culture souffre parfois on peut dire qu’ici elle est bien vivante, partagée et transmise avec ferveur. Et avec joie ! Car le jazz rend heureux : le public bien sûr mais surtout les musiciens, les chanteurs qui rayonnent sur scène. « Les Marie-Jeanne » ont ainsi illuminé de leurs chants polyphoniques la cour pavée du Musée. Quel plaisir de voir virevolter leurs robes multicolores entraînées par les chants géorgiens, tziganes, bulgares sous les glycines en fleurs.
Evidemment les professionnels occupent des scènes plus traditionnelles et la billetterie tourne à plein régime. La plupart des concerts se jouent d’ailleurs à guichet fermé. Didier Lockwood a lancé les festivités et le public a pris d’assaut les spectacles jusqu’à la fin du Festival, jusqu’à ce que la voix enjôleuse de Diogo Nogueira nous emporte au Brésil accompagné par l’époustouflante mandoline d’Hamilton de Hollanda. La samba de « Bossa Negra » et ses accords veloutés au cœur du bocage, autant de trésors qu’on découvre comme ceux qui se cachent au détour des chemins creux du Cotentin… C’est tout le charme de ce joyeux Festival « Jazz sous les pommiers » !

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