Bit, danse et transe

Le 19 janvier, Le Volcan, en coréalisation avec Le Phare, présentait Bit, chorégraphie de Maguy Marin. Une scénographie dépouillée : sept praticables inclinés. Un plateau occupé par six danseurs : trois hommes, trois femmes.

 

Bit-M.Marin

 

Rythme binaire. Tout commençait bien, à la manière d’une comptine ou d’un poème pour enfants, une ronde, une ribambelle. On s’y donne la main, confiant, en goûtant le plaisir qu’apporte le corps dansant. Dans la reconnaissance de l’autre.
Et cela dure, un pas en avant, deux pas en arrière, comme si l’impatience devait irrémédiablement surgir. Et c’est ce qui arrive. L’innocence et le jeu laissent la place à d’autres expériences.
Pulsation obsédante. Parfois jusqu’à l’insupportable. Les rondes deviennent copulation, d’obscures manœuvres se déroulent entre cérémonies de soumission et affrontements, les forts contre le faible, l’homme contre l’homme, face à face, s’opposant en glissements successifs, une fois dominant, une fois dominé. D’instant en instant, c’est la frénésie qui gagne, accompagnée d’un fracas sonore qui cogne de plus en plus vite… Quand la tension retombe, c’est comme un déni, et la plongée dans le divertissement. La ronde se reforme sous les oripeaux d’une soirée mondaine. Les robes des femmes brillent, leurs talons aiguilles magnifient leur silhouette. Et l’on danse, on danse, jusqu’à l’hystérie, jusqu’à l’oubli, jusqu’à la chute. C’est la fin. On vivait, on est mort. Le sort de l’homme est là : d’un côté l’autre, vivant ou mort.

De cette très sombre représentation de l’existence, on pensera qu’elle est, soit désespérée, soit très simplement manichéenne. Vacillant entre plaisir ingénu et cauchemar dépressif. C’est une vision qui appartient à son auteur, où la noire fatalité l’emporte sur toute lumière. Les trois Parques qui apparaissent furtivement au milieu des danseurs en sont le symbole.

Catherine Désormière

       

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