Au cœur du Volcan, le Nil soufi

13-18-42

Ce 17 avril, au Volcan, le spectacle ne se terminait pas seulement avec les applaudissements du public. L’écho des chants soufis et le rythme des instruments résonnaient encore en nous, hors de la salle et même plus tard, dans la rue, comme un dernier témoin d’un moment singulier.
Un peu plus d’une heure auparavant, les images filmées des préparatifs nocturnes d’une fête villageoise en Haute Egypte, étaient projetées derrière un voile au fond de la scène. Sous la lumière d’ampoules colorées, on y discernait une circulation de silhouettes qui semblaient participer aux derniers arrangements des réjouissances, cela accompagné du léger brouhaha des voix, se mêlant ainsi à la présence sur le plateau, en demi-cercle, des musiciens, chanteurs et danseurs assis sur des tapis, dans l’attente du moment où la cérémonie commencerait.

Et la cérémonie a commencé. C’est le chant de Sheik Hamed Ahmad qui a immédiatement entraîné les spectateurs dans un mouvement infini, sorte d’oscillation qui semblait vouloir abolir le temps. A la voix incantatoire du soliste, à laquelle répondaient les autres chanteurs, se mêlait la simple douceur de la flûte, suivie de tout l’ensemble des instruments. Parfois en une sorte d’emballement, la musique – luths, tambours et tambourins – et le chant, s’entraînaient l’une et l’autre dans une circulation virtuelle, occupant tout l’espace de notre écoute, comme en un éternel recommencement.
Mais le rythme était également visuel : les danseurs, quatre hommes, vêtus simplement de robes de laine blanche et d’un turban, silhouettes corpulentes presque massives, droites comme des colonnes face au public, balançaient d’abord lentement les bras d’un côté et de l’autre, la tête se mouvant de droite et de gauche, le corps fléchissant progressivement, avant que leur élan, rythmé par les voix et la musique, devienne de plus en plus rapide et quasi hypnotique. Cela, sans que presque jamais leurs pieds nus ne se déplacent, sauf quand changeant de gestuelle, les quatre hommes sautant sur place et retombant lourdement sur le sol, rythmaient la musique au même titre que les tambours.
Ce que nous avons vu et entendu sur la scène du Volcan, était l’expression de fêtes qui se déroulent aujourd’hui dans le delta du Nil où se manifeste la piété populaire. Du soufisme, bien sûr, il n’était pas question d’atteindre l’essence, mais dans ce spectacle, quelque chose d’une tradition parvenait insensiblement jusqu’à nous, et laissait entrevoir l’aspiration à une élévation mystique.

Au cœur du Nil soufi, avec :
Les chanteurs Sheikh Hamed Ahmad, Sheikh Ramadan Abdelnabi, Sheikh Ahmed Abdelnabi.
Les musiciens: Ahmed Abdel Nabby, Ahmed Abdou Abdalla Madany, Aboubakr Migally, Alaa Abdelnabi, Elhamy Migally.
Les danseurs : Mahdy Hassan, Ahmed Shawar, Hamdy Desouky, Ashraf Abdelnabbi.

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