A Avignon, la magie du Mahabharata Nalacharitam opére.

Satoshi Miyagi est à Avignon avec un extrait du Mahabharata vu au Havre en 2013.

MAHABHARATA, mis en scène par Satoshi Miyagi, vu au Volcan le 14 février 2013

Quels souvenirs gardons-nous des spectacles que nous voyons ? S’ils sont éphémères, ils sont aussi des moments de présent forts, traversés par des émotions. Les traces en sont des images, des admirations ou des perplexités, qui reviennent en mémoire comme des flashs.

Par exemple, que dire du Mahabharata, l’épisode du roi Nala et de la princesse  Damayanti, mis en scène par le japonais Satoshi Miyagi, vu le 14 février 2013 ?Dans ma mémoire, c’est l’esthétique qui l’emporte. Blanc, tout est blanc ! Les costumes traditionnels dont on admire que certains sont en papier japonais, les masques, les deux plateaux surélevés installés sur scène.

Nous assistons avec émerveillement à une succession de tableaux d’une grande beauté visuelle, mise en valeur par des jeux de lumière éblouissants. Les 25 comédiens occupent l’espace par groupes, celui des dieux et ceux des hommes.

Après la couleur blanche, ce qui nous frappe, c’est l’évocation sensible, énergique, souvent humoristique, du bonheur des jeunes époux, du mauvais sort jeté par Kali inoculant le démon du jeu au roi, et de ses conséquences : la ruine, la séparation, la fuite dans des forêts dangereuses, et les tourments jusqu’au salut.

C’est la force et le dynamisme qui nous entrainent sans faiblir, avec des yeux grand ouverts d’enfants, jusqu’au dénouement.

Car une énergie particulière est créée par le dispositif adopté par le metteur en scène : il confie l’interprétation à deux comédiens, un conteur (le mot) et un acteur (le corps). Un conteur,  assis au fond sur la droite,  module sa voix de manière très expressive, selon le sexe, les sentiments, les actes des personnages, selon aussi la charge émotionnelle de l’action. Parfois relayée par les acteurs, la parole du conteur, le verbe,  prend ici toute sa puissance. Force de la voix, force du jeu.

Nous sommes dans un conte de fées, ou plutôt dans un conte initiatique, comme une « Flûte enchantée » orientale.

Roi et reine traversent la douleur de l’humiliation et de la séparation avant de pouvoir être réunis à nouveau grâce à leur courage respectif, des rencontres, et l’aide des dieux.

Le metteur en scène japonais s’est emparé de l’histoire du roi Nala, jalousé par le démon Kali.  Il met son art au service du Mahabharata, grand poème épique hindou, contant des hauts faits guerriers datant de 2000 ans avant notre ère, mythes où s’affrontent  les hommes et les dieux.

L’émotion survient à la fin quand les percussionnistes du gamelan, disposés en cercle autour de la scène, délaissent leur instrument, un à un, jusqu’au silence.

Isabelle Royer

Lire l’article de Brigitte Salino dans Le Monde du 10 juillet 2014

 

       

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Présidente de la MCH

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