31e Forum philo « Le Monde » Le Mans, du 8 au 10 novembre 2019

Isabelle Royer : Petite revue de presse sur Ouest-track radio, dans le 8 à 9 de Matthieu Lechevallier

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PRESSE L IDENTITE

Extraits du Monde du 30 octobre 2019 :

Leçon inaugurale, par Achille Mbembe

Une chose est de pouvoir dire librement qui l’on est, de dire soi-même d’où l’on vient et où l’on va. Une autre est de se voir affubler d’un masque qui fonctionne, dès lors, comme le double de celui que l’on est en vérité. Tout au long de la période moderne, la plupart des luttes identitaires chez les peuples assujettis auront eu pour but de se débarrasser du voile ontologique dont ils auront été couverts en conséquence du travail effectué par le racisme. Il s’agissait de luttes en vue de la reconnaissance et pour l’auto-affirmation, voire l’autodétermination. Parce qu’elles présentaient des caractères éminemment progressistes, ces luttes participaient du grand récit de l’émancipation humaine. Ce fut le cas des grands combats pour l’abolition de l’esclavage, la décolonisation, les droits civiques, ou encore le démantèlement de l’apartheid…

Clotilde Leguil

Le « je » au-delà des identités

Quelle place reste-t-il pour le « je » au XXIe siècle ? Entre le discours du « nous », qui propose à chacun de se définir depuis l’appartenance à une communauté, et le discours scientifique, qui propose à chacun de se définir depuis des critères quantitatifs, le « je » se voit comme oublié et asphyxié. Pris en étau ­entre ces deux approches contemporaines de l’humain, le « je » doit alors se faufiler entre deux murailles pour se faire recon­naître. Le narcissisme de masse, nouvelle forme du narcissisme rendue possible par la révolution numérique, est-il le visage que le « je » a pris au XXIe siècle ?

Jean-François Leguil-Bayart

L’illusion et l’angoisse

L’identité s’est imposée comme un horizon indépassable. D’où une sourde angoisse : le marché, la globalisation, l’immigration menaceraient notre identité, notre culture. Or l’une et l’autre sont des illusions. Il n’est que des actes d’identification, politiquement construits, historiquement situés, socialement contradictoires, ­culturellement polémiques. Les conflits dits « identitaires » déchirent les cultures plutôt qu’ils ne les opposent les unes aux autres. La culture est un effet, et non la cause. Comment penser les raisons culturelles du politique sans être ni culturaliste ni identitariste ?

       

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